« La Commission européenne élaborera un plan d'action ('blueprint') décrivant la manière dont nous réagirons si un État membre invoque l'article 42.7 » du traité sur l'UE, a déclaré le président chypriote, Nikos Christodoulides, vendredi 24 avril, lors de la deuxième journée du sommet européen extraordinaire.
Selon lui, l'institution de l'UE est invitée à répondre aux questions suivantes en cas d'activation de cette clause, qui prévoit une assistance mutuelle en cas d'agression armée visant à un pays de l'UE : « Quels sont les besoins ? Qui y répond en premier ? » Nous devons « formaliser » cette clause afin de « transformer les déclarations politiques en actions prévisibles », a ajouté le dirigeant chypriote, estimant que « l'UE doit agir en tant que garant crédible de sécurité ».
Chypre est l'un des quatre pays de l'UE à ne pas appartenir à l'OTAN, où s'applique une clause similaire d'assistance mutuelle (article 5). M. Christodoulides s'est félicité que « tous les États membres, appartenant ou non à l'OTAN, voient la nécessité d'avoir un plan opérationnel » à l'échelle de l'UE, citant notamment la volonté de « la Pologne » d'avancer sur cette question.
Début mars, plusieurs drones avaient survolé le territoire chypriote, causant des perturbations du trafic aérien. Sans activer formellement cette clause, les autorités chypriotes avaient obtenu un soutien militaire de cinq pays - la Grèce, l'Espagne, la France, les Pays-Bas et l'Italie - pour sécuriser ses côtes et assurer la tenue du sommet européen extraordinaire.
Le Premier ministre néerlandais, Rob Jetten, a rappelé que son pays « a stationné un navire pour contribuer à la défense de Chypre, notamment contre d'éventuels nouveaux missiles et drones ». « Nous devrions multiplier ce type d'opérations », a-t-il estimé, estimant « complémentaires » les dispositifs inhérents à l'article 42.7 du traité sur l'UE et à l'article 5 du traité sur l'OTAN.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a évoqué l'exemple du « mécanisme de protection civile » de l'UE, qui prévoit une chaîne efficace de réaction « en cascade ». Elle a aussi pointé l'importance de la période de pré-activation de l'article 42.7, au cours de laquelle il est encore possible de détecter les tensions et d'éviter l'escalade menant à un conflit armé.
La Commission prépare pour l'été une nouvelle stratégie européenne de sécurité (EUROPE 13788/21).
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a indiqué que son pays utilisera la possibilité offerte par la Présidence grecque du Conseil de l'UE, « au second semestre 2027, pour approfondir ce débat ». (Mathieu Bion et Solenn Paulic)