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Bulletin Quotidien Europe N° 13828
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient à l'ordre du jour du Conseil des Affaires étrangères de lundi 16 mars

Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se retrouveront lundi 16 mars à Bruxelles pour discuter des guerres en Ukraine et au Moyen-Orient.

Ukraine. Après une discussion par visioconférence avec leur homologue ukrainien, Andrii Sybiha, les ministres discuteront de la situation sur place, mais aussi des conséquences de la guerre au Moyen-Orient pour l’Ukraine. Les Ukrainiens s’inquiètent du fait que des équipements militaires, tels que des batteries Patriot, soient utilisés dans la Golfe alors qu’ils en ont besoin pour se protéger des attaques russes.

Les ministres devraient discuter du soutien militaire à l’Ukraine, notamment avec l’initiative de l’OTAN PURL et l’initiative allemande pour des intercepteurs de missiles (EUROPE 13807/12). Plusieurs ministres pourraient aussi appeler leurs homologues à augmenter le soutien bilatéral de leur pays à l’Ukraine.

La décision des États-Unis d’assouplir ses sanctions pétrolières contre la Russie afin de tenter de stabiliser le marché mondial de l'énergie pourrait être débattue. Si cette mesure est limitée dans le temps – jusqu’au 11 avril jusqu’à présent -, elle risque de faire augmenter les revenus énergétiques de la Russie qui lui permettent de financer sa guerre d’agression contre l’Ukraine.

De son côté, le président du Conseil européen, António Costa, a qualifié de « très préoccupante » la décision unilatérale des États-Unis de lever les sanctions sur les exportations de pétrole russe, « car elle a des répercussions sur la sécurité européenne ».

Le Conseil devrait aussi revenir sur le prêt de 90 milliards d'euros à destination de l’Ukraine, bloqué par la Hongrie, tout comme le 20e paquet de sanctions à l’encontre de la Russie, bloqué par Budapest et Bratislava. Ces pays invoquent l’arrêt de la fourniture de pétrole via l’oléoduc Druzhba pour justifier leurs vetos. Selon les Ukrainiens, l’oléoduc devrait être réparé d’ici quatre à six semaines (EUROPE 13823/7). Les ministres pourraient faire pression sur leur homologue hongrois pour que son pays lève son blocage sur le prêt, qui a fait l’objet d’un accord entre les dirigeants européens en décembre. Plusieurs diplomates ont dénoncé l’attitude du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, rappelant le principe de coopération sincère. Un haut diplomate européen a voulu se montrer rassurant quant au prêt. « Nous sommes pleinement investis dans le plan A, mais il y a toujours un plan B », a-t-il promis, sans donner de détails.

Vendredi, à l’heure de notre bouclage, le renouvellement des sanctions ciblées à l’encontre d’environ 2 600 personnes et entités dont les actions portent atteinte à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine était toujours bloqué par la Slovaquie. Les sanctions ont cours jusqu’au 15 mars.

Par ailleurs, les ministres des Affaires étrangères devraient se rendre le 31 mars à Bucha pour commémorer le quatrième anniversaire du massacre de Bucha.

Moyen-Orient. Les ministres discuteront ensuite de la situation au Moyen-Orient. Ils se pencheront notamment sur la poursuite des frappes iraniennes sur la région, les frappes sur l’Iran et les conséquences sur la région et l’Europe.

Ils devraient rappeler l’importance de la diplomatie pour mettre fin au conflit et appeler l’Iran à mettre fin à ses frappes. Ils pourraient discuter de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon un haut diplomate européen, la Haute Représentante de l’UE pourrait demander aux États membres de mettre plus de moyens à disposition des missions maritimes de l’UE ASPIDES et ATALANTA. Si le detroit fait partie de la zone d’activité de l’opération ASPIDES, celle-ci devrait voir son mandat changé – actuellement non exécutif – pour pouvoir protéger les navires dans la zone. Les Pays-Bas pourraient proposer la création d’un régime de sanctions à l’encontre de responsables d’actions contrevenant à la liberté de navigation, selon un diplomate.

Par ailleurs, des pays européens auraient entamé des pourparlers avec Téhéran afin de négocier un accord garantissant le passage sécurisé de leurs navires à travers le détroit d'Ormuz, selon des sources proches du dossier cité par le Financial Times. La France et l’Italie en feraient partie. Un haut diplomate européen a souhaité qu’un accord soit trouvé au niveau des Nations Unies.

Par ailleurs, comme annoncé par la Haute Représentante, Kaja Kallas, le 12 mars, les ministres adopteront officiellement des sanctions à l’encontre de 19 responsables et entités du régime iranien, coupables de graves violations des droits de l’homme (EUROPE 13826/2).

Le Conseil reviendra également sur la situation au Liban, qui subit des bombardements d’Israël en représailles d’attaques du Hezbollah sur l’État hébreu. Là aussi, les ministres pourraient appeler au calme, alors que les frappes israéliennes ont déjà fait près de 700 morts et 800 000 déplacés.

La situation toujours catastrophique à Gaza ainsi que les dernières mesures israéliennes concernant les territoires de Cisjordanie seront également abordées. Selon un diplomate, plusieurs ministres pourraient appeler à mettre davantage la pression sur l’État hébreu afin qu’il respecte ses engagements. Plusieurs propositions de mesures – suspension de la participation d’Israël à une partie d’Horizon Europe, sanctions contre des colons violents notamment - sont toujours sur la table, mais n’ont pas de soutien supplémentaire des États membres pour être adoptées.

Autres sujets. Enfin, le Conseil devrait revenir sur le voisinage méridional. La Commission européenne devrait présenter, dans les prochains jours, le plan d’action du 'Pacte pour la Méditerranée' (EUROPE 13816/4). Le plan d’action et le Pacte seront discutés à l’occasion du sommet informel des dirigeants européens avec leurs homologues de la région, à Chypre, les 23 et 24 avril.

Lors de leur déjeuner, les ministres s’entretiendront de manière informelle avec leur homologue indien Subrahmanyam Jaishankar, quelques semaines après la signature d’un partenariat de sécurité et de défense (EUROPE 13824/27). Ils pourraient discuter de la situation au Moyen-Orient, y compris de son impact sur l’énergie ou encore des inquiétudes européennes concernant les relations entre l’Inde et la Russie.

En amont du Conseil, les ministres se retrouveront pour un petit-déjeuner informel pour discuter de la future 'stratégie de sécurité européenne'. Selon un diplomate, elle devrait comporter trois parties : une analyse des menaces, une communication commune de la Commission européenne et de la Haute Représentante de l’UE et une 'feuille de route' sur la suite à donner. Cette stratégie sera réalisée en concertation avec les États membres. Si celle-ci était initialement attendue pour le Conseil européen de juin, elle pourrait finalement être présentée courant juillet, après le sommet de l’OTAN. (Camille-Cerise Gessant)

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