« L’escalade militaire au Moyen-Orient engendre une instabilité mondiale dont les conséquences néfastes se font déjà sentir en Europe. Nous aborderons donc la situation en Iran et dans la région, ainsi que notre réponse à ses répercussions géopolitiques et économiques, notamment en ce qui concerne les prix de l’énergie et la sécurité énergétique », a indiqué dans la soirée de jeudi 12 mars le président du Conseil européen, António Costa, dans sa lettre d’invitation aux dirigeants européens qui se réuniront jeudi 19 mars à Bruxelles.
Alors que la guerre au Moyen-Orient devrait dominer la session de printemps, le président Costa appelle les Vingt-sept à identifier « les instruments à mobiliser pour garantir une réponse rapide, coordonnée et efficace, qui protège nos citoyens et nos entreprises, tout en œuvrant à la désescalade et à la stabilité dans la région ».
Au-delà de cette guerre, les Vingt-sept se pencheront à nouveau, comme prévu, sur la santé du marché intérieur en maintenant « le cap sur notre programme de compétitivité stratégique, qui devient d’autant plus urgent ».
« Nous allons maintenant traduire le sentiment d’urgence exprimé lors de nos discussions à Alden Biesen en un nouveau programme « Une Europe, un marché », composé de mesures concrètes et d’échéances ambitieuses », explique le président. Tout cela « requiert une orientation politique claire et soutenue du Conseil européen, dès le mois de mars et au-delà ».
Dans ce contexte de relance urgente de la compétitivité de l’UE, le cadre financier pluriannuel 2028-2034 « sera déterminant », écrit António Costa. Il s’agira d’examiner la contribution du nouveau budget à long terme de l’UE « à notre programme de compétitivité, car il constituera le principal instrument à notre disposition pour une action stratégique commune ». Parallèlement, « nous devons avoir une discussion franche sur la manière d’aligner nos ambitions sur un niveau de financement approprié ».
Ukraine. L’Ukraine ne sera pas oubliée. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’adressera à nouveau aux dirigeants européens, en principe en visioconférence, comme cela était envisagé vendredi 13 mars. « Nous réaffirmerons notre soutien indéfectible à l'Ukraine, qui continue de se défendre contre l'agression russe et aspire à une paix juste et durable. Il demeure essentiel d'accroître la pression sur la Russie jusqu'à ce qu'elle s'engage dans des négociations de paix constructives », écrit le président, qui s’est par ailleurs ému, le 13 mars, de l’assouplissement des sanctions énergétiques contre la Russie décidé par Washington (voir autre nouvelle).
Les Vingt-sept feront encore un point sur les efforts pour renforcer leur capacité de défense ainsi que sur « la situation préoccupante au Liban, à Gaza et en Cisjordanie », notamment en présence du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.
Les migrations sont encore au programme de ce Sommet européen chargé, qui se penchera aussi, le matin, avec la présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, et le Président de l'Eurogroupe, Kyriakos Pierrakakis, sur la situation économique dans le cadre d'un Sommet de l'euro au format inclusif.
Un premier projet de conclusions daté du 9 mars (EUROPE 13825/32) a été discuté le 11 mars par les États membres.
Les délégations ont globalement salué le projet de conclusions.
Lien vers le texte : https://aeur.eu/f/l3j (Solenn Paulic)