Les échanges commerciaux de l'UE avec les colonies israéliennes « respectaient pleinement l'avis de la Cour internationale de justice » de 2024, selon Léon Delvaux, directeur à la DG Commerce de la Commission européenne. « Il n'y a donc nullement besoin de mettre en place une interdiction du commerce avec les colonies », a-t-il affirmé devant les députés de la commission du commerce international (INTA) du Parlement européen, mardi 4 novembre.
Quelques minutes plus tôt, son ancien collègue retraité de la Commission européenne et désormais consultant pour Bruegel, Ignacio García Bercero, avait affirmé le contraire. « Selon moi, l'arrêt de la CIJ implique que nous ne commercions pas avec les colonies ».
La CIJ a déclaré, le 19 juillet 2024, que les États tiers ne devaient « pas prêter aide ou assistance au maintien de la situation créée par la présence continue de l'État d'Israël dans les Territoires palestiniens occupés ».
Or, selon Ignacio García Bercero, l'économie des colonies n'est absolument pas viable sans le commerce avec l'UE. En ce sens, l'UE contribue au maintien des colonies, et l'étiquetage des produits issus de ces territoires occupés ne suffit pas à se conformer à l'avis de la Cour internationale de justice, estime l'ancien directeur à la DG Commerce de la Commission.
Au cours d'un débat animé, les eurodéputés issus des groupes S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche se sont prononcés pour la suspension de la partie commerciale de l'accord d'association avec Israël ainsi que pour l'interdiction des produits issus des colonies. En face, les membres des groupes PPE, PfE et CRE ont défendu le commerce avec Israël. (Léa Marchal)