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Bulletin Quotidien Europe N° 13745
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Uem

La Bulgarie prête « à tous les niveaux » pour son passage à l'euro, assure le Premier ministre, Rossen Jeliaskov

La Bulgarie, qui adoptera l’euro au 1er janvier prochain (EUROPE 13653/1), a accueilli, mardi 4 novembre, une conférence de lancement réunissant des représentants de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque nationale bulgare, de l’Eurogroupe, du Fonds monétaire international (FMI), du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de la Commission européenne. Ces derniers ont exposé les bénéfices attendus de l'adhésion, tant pour la Bulgarie que pour le rayonnement international de la monnaie unique, tandis qu’une part importante de la population bulgare demeure attachée au lev, la monnaie nationale, et exprime ses inquiétudes face à ce changement.

Le Premier ministre bulgare, Rossen Jeliaskov, a assuré que son pays était « prêt à tous les niveaux », qu’il s’agisse du cadre législatif, de la logistique, de l’adaptation des systèmes informatiques et de paiement ou encore des dispositifs de protection et d’information des consommateurs.

« Je suis convaincu que les réticences des Bulgares à l’égard de l’euro se dissiperont très bientôt », a déclaré M. Jeliaskov, dénonçant la propagation, par certains acteurs politiques hostiles à l’intégration européenne, d’affirmations spéculatives fondées sur la peur.

Avec une inflation annuelle enregistrée à 3,9% en Bulgarie au début de l’automne, la perspective d’une nouvelle hausse des prix après le changement de monnaie suscite des inquiétudes, nourrissant également un sentiment de perte de souveraineté.

« Lors des précédents passages à l’euro, l’effet [inflationniste : NDLR] a été compris entre 0,2 et 0,4 point de pourcentage. Même en Croatie - qui a rejoint la zone euro alors que l’inflation était déjà élevée -, l’effet n’a été que d’environ 0,4 point et il s’est rapidement dissipé », a relevé la présidente de la BCE, Christine Lagarde, évoquant une « incertitude naturelle » dans l'opinion publique.

Consolidation des réformes. Sur base des expériences passées, Mme Lagarde a estimé que le véritable risque pour les pays rejoignant la zone euro ne réside ni dans une perte de souveraineté ni dans une hausse des prix, mais plutôt dans l’essoufflement des réformes, une fois l’intégration monétaire achevée, ce qui empêche, selon elle, de tirer pleinement parti des avantages de la monnaie unique.

Saluant le travail accompli pour l'adhésion à l'euro (EUROPE 13653/1), le commissaire européen à l’Économie, Valdis Dombrovskis, la directrice générale du FMI, la Bulgare Kristalina Georgieva, ainsi que Mme Lagarde ont ainsi préconisé que la Bulgarie poursuive l’alignement de ses institutions, notamment en matière de gouvernance (EUROPE 13689/20), sur les normes de l’Union européenne, qu'elle a rejointe en 2007.

Mme Georgieva a notamment recommandé à la Bulgarie de mettre en œuvre des politiques économiques responsables en renforçant la discipline budgétaire, notamment par une gestion prudente des dépenses publiques et une meilleure efficacité des investissements et en surveillant attentivement les risques financiers liés à la surchauffe de l’économie et au marché immobilier.

« Faites entendre votre voix - au sein de l’UE et désormais dans la zone euro. Si vous souhaitez une intermédiation bancaire et financière plus efficace, de meilleures opportunités pour les start-up, l’innovation et la croissance, alors œuvrez pour l’achèvement du marché unique européen et du système financier européen unifié », a-t-elle insisté. (Bernard Denuit)

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