La Commission européenne a annoncé, dans la soirée de jeudi 8 octobre, mettre en place un groupe interne pour examiner les allégations d'espionnage du gouvernement hongrois à l'encontre de la Commission européenne et d'autres institutions de l'UE. La porte-parole de la Commission européenne, Paola Pinho, a également confirmé, vendredi 10 octobre, que la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, avait l'intention de discuter de ce sujet avec le commissaire européen Olivér Várhelyi « le plus tôt possible ». Elle a toutefois rappelé qu'il ne s'agissait « que d'allégations », à ce stade.
Un consortium de journaux européens, parmi lesquels le média d'investigation hongrois Direkt36, a révélé que Budapest a tenté, à travers la Représentation permanente du pays auprès de l'UE, d'exercer des pressions sur ses ressortissants travaillant dans les institutions européennes à des fins d'espionnage entre 2012 et 2018.
L'actuel commissaire européen à la Santé, Olivér Várhelyi, était à la tête de la Représentation hongroise entre 2015 et 2019, période pendant laquelle les faits ont eu lieu.
« La Commission prend ces allégations au sérieux, compte tenu de leurs implications pour la sécurité et l'intégrité de ses opérations », a indiqué le porte-parole de la Commission chargé des ressources humaines, Balazs Ujvari.
Les paramètres exacts et la composition du groupe interne qui se penchera sur l'affaire restent à définir, a-t-il expliqué.
De son côté, le service presse du Parlement européen a déclaré « ne pas commenter les allégations ».
« En tant que seul organe directement élu, le Parlement européen devrait constituer immédiatement une commission d'enquête pour déterminer l'ampleur de ces attaques soupçonnées contre des institutions démocratiques », a réagi l'ONG Transparency International.
Selon l'enquête publiée par ce consortium de médias, un faux diplomate hongrois rattaché à la Représentation permanente de la Hongrie auprès de l'UE a approché des fonctionnaires européens de même nationalité pour leur demander notamment de faire fuiter des informations sensibles et d'influencer les travaux de la Commission européenne.
L'enquête médiatique « n'est rien d'autre qu'une campagne de diffamation à l'encontre de la Hongrie orchestrée par des services de renseignement étrangers », a fustigé le porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltan Kovacs. (Léa Marchal)