Les organisateurs du Forum social de Porto ont préparé, mercredi 10 septembre, une nouvelle version de la Déclaration qui sera approuvée le 19 septembre à l’issue de cet évènement de deux jours devant faire le point sur les avancées du Sommet européen de Porto de 2021, qui avait acté trois grands objectifs sociaux à atteindre d’ici 2030.
Mais si cette nouvelle version, vue par Agence Europe, introduit de nouvelles références au rôle des partenaires sociaux et à la défense des droits des travailleurs (« Nous réitérons notre engagement à respecter pleinement les prérogatives et à promouvoir le rôle des syndicats et des organisations patronales en tant qu’acteurs du dialogue social »), aux transformations liées au numérique ou au coût de la vie, à « la promotion du travail décent au-delà des frontières de l’UE » ou au rôle clef du FSE+, une partie du Parlement européen, à savoir les coordinateurs de la commission 'Emploi et Affaires sociales', aurait exprimé, le 11 septembre, son refus de la signer.
Le manque d’ambitions de cette déclaration, qui a biffé notamment la mention d’un ‘Paquet’ pour la mobilité juste, pourtant attendu pour 2026, n’est pas la seule raison. Le PE ainsi que les syndicats européens, comme la Confédération européenne des syndicats, se plaignent de ne pas avoir été consultés et impliqués dans la rédaction de cette déclaration.
Pour le PE, il s’agit ainsi d’une violation du principe de coopération loyale entre les institutions européennes, le projet de déclaration étant resté concentré dans les mains du gouvernement portugais, de la Présidence danoise du Conseil de l’UE et de la Commission.
Ce 11 septembre, les syndicats européens ne savaient pas non plus s’ils seraient en mesure de signer ce document à l’issue du Forum, regrettant que le processus n’ait pas été semblable à celui de la Déclaration de la Hulpe, en avril 2024 (EUROPE 13392/19). La Présidence belge ainsi que les présidences précédentes avaient alors mis en place un processus ouvert et de consultation assez long, selon les signataires.
Pour les syndicats, le manque d’engagements concrets dans cette déclaration est également un défi alors qu’ils s’interrogent sur les mesures concrètes que la Commission européenne mettra sur la table dans le cadre de son paquet sur les emplois de qualité, attendu cette année, ainsi que sur le thème de la mobilité juste des travailleurs, prévu avant l’été 2026. (Solenn Paulic)