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Bulletin Quotidien Europe N° 13707
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / État de droit

Fonds européens en Slovaquie - plusieurs élus demandent l'activation du règlement sur la conditionnalité pour éviter « une seconde Hongrie »

Les eurodéputés issus des groupes dits 'pro-européens' ont demandé à la Commission européenne, mercredi 10 septembre, de mener une action plus décisive contre la Slovaquie, notamment pour clarifier la destination des fonds européens et assurer le respect du règlement sur la conditionnalité alors que des enquêtes de médias ont soulevé des irrégularités et que la Commission a elle-même critiqué des réformes pénales ayant affaibli la lutte contre la corruption.

Les élus allemand et néerlandais des Verts/ALE Daniel Freund et Tineke Strik, mais aussi l’Espagnol du S&D Juan Fernando Lopez, ont notamment exhorté le commissaire à la Justice, Michael McGrath, à ne pas créer une « nouvelle Hongrie ». Le socialiste a notamment critiqué la proximité de Robert Fico (dont le gouvernement issu du SMER est suspendu du Parti socialiste européen) avec Vladimir Poutine et le fait que le pays s’écarte des « valeurs européennes ».

Des « règles ont été mises en place » pour assurer l’intégrité des fonds européens ; alors, « il faut braquer les projecteurs sur la Slovaquie », a-t-il ajouté.

L’élu allemand des Verts/ALE a indiqué que « les nombres de condamnations pour des affaires de corruption ont chuté de 95% » depuis la mise en œuvre de la réforme du Code pénal en Slovaquie.

« Je ne vois pas pourquoi on ne recourt pas à la conditionnalité ; pourquoi n’agit-on pas avant d’avoir une seconde Hongrie ? », a interrogé Daniel Freund.

Pour le PPE et l’Espagnol Javier Zarzalejos, l’occasion était également donnée de critiquer les opposants socialistes avec des références à peine voilées au gouvernement espagnol.

Citant des pressions sur la société civile, le démantèlement des agences anti-corruption ou des réformes pour favoriser les alliés politiques, l’élu espagnol a appelé l’UE à renforcer ses contrôles et ses exigences.

Face à ces élus, les groupes PfE et CRE ont dénoncé une guerre politique contre des pays « libres, qui ne se sont pas conformés » aux desiderata de la Commission, a dit l’Italien du CRE Paolo Inselvini. « On peut défendre nos valeurs traditionnelles sans faire l’objet de chantage », a-t-il ajouté.

La députée slovaque Monika Beňová (non inscrite, slovaque) a assuré que son gouvernement cherche « des solutions à tous les problèmes sur la table » et coopère pleinement avec la Commission. Elle a indiqué, en revanche, que les enquêtes préliminaires menées dans le pays avaient conclu « à l’absence d’irrégularités » et pointé des attaques « des ennemis de Robert Fico ».

Le commissaire Michael McGrath avait fait un point précédemment sur les discussions avec Bratislava, évoquant un « dialogue constructif » sur les sujets de tension, comme la réforme du Code pénal ou les modifications de la Constitution.

Il a noté des progrès sur la défense des intérêts financiers de l’UE, mais pas sur la lutte contre la corruption et l’indépendance des enquêtes sur la corruption. Il a aussi observé que la mise en œuvre des fonds européens de cohésion a été améliorée.

S’agissant d’irrégularités soulevées par la presse slovaque concernant les fonds de la PAC, la Commission est en contact avec les autorités et des audits ont été lancés, ainsi que des demandes de corrections portant sur 27,5 millions d’euros.

« Notre objectif est clair : aider la Slovaquie à respecter l’État de droit et rétablir la confiance en protégeant les intérêts financiers de l'UE ». (Solenn Paulic)

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