Les co-rapporteurs Alexander Bernhuber (PPE, autrichien) et Anna Strolenberg (Verts/ALE, néerlandaise) ont présenté leur projet de rapport d'initiative du Parlement européen sur un enregistrement et une utilisation plus rapides des agents de lutte biologique, lors d'une réunion commune des commissions de l'environnement et de l'agriculture, jeudi 3 juillet. La proposition de la Commission européenne est attendue pour la fin de l'année, dans le cadre d'une législation 'omnibus'.
Alexander Bernhuber a émis le souhait de ne pas s'enliser dans d'interminables négociations et a demandé de se concentrer sur une autorisation plus rapide des agents de lutte biologique, ajoutant s'être « déjà mis d'accord » avec Anna Strolenberg. « Si vous souhaitez réduire l'utilisation des pesticides chimiques, il faut rendre plus facile l'accès et la commercialisation des agents de lutte biologique », a ensuite confirmé cette dernière.
L'eurodéputée écologiste a regretté l'absence de « cadre de soutien » aux entreprises qui travaillent sur ces alternatives biologiques alors que la commercialisation d'un tel produit peut prendre « jusqu'à cinq à huit ans », période pendant laquelle les entreprises prennent le risque d'effectuer tous les investissements nécessaires.
Aussi, les co-rapporteurs ont imaginé des solutions dans leur projet de rapport. La première consisterait à définir ce qu'est un 'agent de lutte biologique', afin d'éviter « la fragmentation » et « l'hésitation des investisseurs » liée au risque d'incertitude.
Il s'agira aussi d'acter une procédure accélérée distincte, pour les 'agents de lutte biologique', avec un soutien technique « aux demandeurs et aux PME surtout, qui ont de bonnes idées », a précisé Anna Strolenberg. Cette procédure accélérée au sein de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) nécessitera, par ailleurs, un « financement adéquat » afin de garantir à l'agence européenne un personnel et un budget dédiés. Enfin, les co-rapporteurs ont insisté sur l'accès aux connaissances via la formation afin que les exploitants agricoles puissent savoir comment utiliser les nouvelles techniques commercialisées.
Les eurodéputés des différents groupes politiques ont consenti à coopérer, notamment pour que le rapport d'initiative du Parlement soit prêt avant la proposition de la Commission européenne.
Christophe Clergeau (S&D, français) a ajouté qu'il serait de bon ton de prévenir la Commission de ne pas déposer sa proposition dans le cadre d'une procédure d'urgence. « On peut concilier rapidité du travail et respect des rôles et des prérogatives », a-t-il insisté.
Voir le projet de rapport du PE : https://aeur.eu/f/hox (Florent Servia)