Après dix jours de négociations, la conférence intersession des Nations Unies sur le changement climatique (SB62) s’est achevée à Bonn (Allemagne) dans la soirée de jeudi 26 juin entre quelques progrès techniques et des inerties tenaces sur des questions plus politiques, en matière de financement et concernant la décarbonation, notamment.
À moins de cinq mois de la COP30 à Belém (Brésil), l’Union européenne, attendue comme moteur de l’ambition climatique mondiale, présente des difficultés à afficher une position unitaire.
Les réunions de Bonn visaient à préparer les prochaines grandes échéances, dont la définition du nouvel objectif collectif quantifié, sur le financement climatique, la mise en œuvre des mécanismes de coopération prévus à l’article 6 de l’Accord de Paris ainsi que l’opérationnalisation de l’objectif mondial en matière d’adaptation.
La représentante de l’Union européenne a reconnu en séance plénière de clôture que les avancées restaient insuffisantes.
« Les progrès réalisés sur les questions clés sont insuffisants et nous devrons redoubler d'efforts pour atteindre cet objectif lors de la COP30 », a-t-elle affirmé en ce sens.
Elle a rappelé l’engagement de l’UE à finaliser une nouvelle contribution déterminée au niveau national (NDC), alignée sur la science et l’objectif de 1,5°C, mais son adoption reste suspendue à un consensus interne.
Car la division des États membres sur la trajectoire de réduction des émissions entre 2030 et 2040 encombre quelque peu la position européenne. Alors que la Commission européenne doit présenter le 2 juillet une proposition de réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2040, certains États, dont la France - qui a mis le sujet sur la table du Conseil européen concomitant (voir autre nouvelle) - et la Pologne appellent à plus de flexibilité (EUROPE 13668/7).
Selon les informations mises en ligne sur le site des Nations unies (https://aeur.eu/f/hm2 ), au moment où nous écrivons ces lignes, seuls vingt-cinq pays ont soumis leur nouvelle contribution climatique.
Si les États-Unis l’avaient initialement remise sous la présidence de Joe Biden, le retrait du pays de l’Accord de Paris par son successeur, Donald Trump, annule la contribution.
De même, les autres grands émetteurs mondiaux de gaz à effet de serre, comme la Chine et l’Inde, n'ont pas encore transmis leur nouvelle 'feuille de route'.
Outre les NDC, les discussions à Bonn ont à nouveau révélé les frictions entre les pays du Nord et ceux du Sud, surtout sur le financement.
Le principe d’un fonds annuel de 300 milliards de dollars avait été acté à Bakou (COP29), mais les pays du Sud aimeraient obtenir des engagements plus concrets.
Concernant l’adaptation, un accord de principe a été trouvé pour réduire à une centaine les quelque 5 000 indicateurs identifiés. Mais les moyens de financement post-2025 doivent encore être précisés.
« Je ne vais pas édulcorer les choses : nous avons encore beaucoup à faire avant de nous retrouver à Belém. Il reste encore beaucoup à faire pour maintenir l'objectif de 1,5°C, comme l'exige la science », a reconnu, lors de la plénière de clôture, le secrétaire exécutif de l’ONU sur les changements climatiques, Simon Stiell. (Nithya Paquiry)