Le centre de réflexion Observatoire de la finance verte (OFV) a relevé quatre raisons de se préoccuper de l’instauration de 'crédits nature' dans l’UE, dans un document publié lundi 2 juin.
S’appuyant sur un projet de 'feuille de route' de la Commission qui a fuité fin mai (EUROPE 13648/5), l'OFV s’oppose à l’introduction de la notion de rentabilité dans la gestion de la biodiversité.
Pour combler le déficit annuel de 37 milliards d’euros de financement pour la biodiversité, identifié par la Commission, l’OFV déclare qu’il suffirait de mettre fin aux subventions d’activités nuisibles à la nature. « Les États membres orientent chaque année entre 34 et 48 milliards d’euros de subventions européennes vers des activités nuisibles à la nature », a remarqué le centre de réflexion.
L'OFV voit un danger à relier des actions de politique de conservation à la génération d'un « retour financier ». Le risque est de voir « les investisseurs privés se concentrer sur les habitats, espèces ou écosystèmes les plus faciles, rapides à restaurer et les plus rentables, indépendamment de leur importance écologique réelle ».
L'idée de soumettre l'émission de 'crédits nature' à des résultats mesurables en matière de biodiversité est saluée.
Mais la possibilité de mettre en réserve et d'échanger les 'crédits nature' menace leur fiabilité, selon l'OFV. Stocker des 'crédits nature' pour « compenser » une perte future risque de générer un excès de crédits sans impact écologique réel. De plus, la possibilité d'un échange de crédits fait craindre à l'OFV l'autorisation d'un marché secondaire synonyme de spéculation et donc d'instabilité des prix des crédits et de déconnexion avec les actions de conservation.
Voir le document : https://aeur.eu/f/h4v (Florent Servia)