L'Union européenne ne veut pas encore surenchérir après les dernières menaces du président américain, Donald Trump : la priorité reste aux négociations. Vendredi 30 mai, M. Trump a annoncé vouloir doubler à partir du 4 juin les droits de douane américains en vigueur sur l'acier et l'aluminium, les faisant passer de 25 à 50%. La réponse de l'UE à ces tarifs américains a été mise en pause jusqu'au 14 juillet, le temps de trouver un accord plus large avec les États-Unis (EUROPE 16619/17). Mais la Commission européenne pourrait riposter plus tôt, si nécessaire.
« Si aucune solution mutuellement acceptable n'est trouvée, à la fois les mesures existantes et de potentielles mesures supplémentaires prendront effet automatiquement le 14 juillet, ou plus tôt, si la situation l'exige », a indiqué le porte-parole de la Commission chargé du Commerce, Olof Gill.
Selon lui, les annonces du président américain « mettent aussi à mal nos efforts continus pour trouver une solution négociée avec les États-Unis ».
Ces discussions se poursuivent à un rythme accéléré depuis l'appel téléphonique entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président américain : des discussions au niveau technique ont lieu à Washington cette semaine et le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, retrouvera le Représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, à Paris, mercredi, en marge de la rencontre ministérielle de l'OCDE.
Malgré ces échanges réguliers à tous les niveaux, les deux parties ont toujours des positions très éloignées.
Un évènement pourrait cependant faire pencher la balance du côté de l'UE : la semaine dernière, le tribunal du commerce international de New York a jugé que les décrets d'urgence invoqués par Donald Trump ne lui donnaient pas le pouvoir d'imposer un tarif de base de 10% sur toutes les importations ni des tarifs réciproques à une soixantaine de pays. (Léa Marchal)