Alors que la Commission européenne s'apprête à proposer, d’ici cet été, un nouvel objectif de réduction des émissions pour 2040 dans l'UE, dans le cadre de la révision de la législation européenne sur le climat, le Conseil consultatif scientifique européen sur le changement climatique appelle les institutions à maintenir une ambition élevée.
Ainsi, dans le rapport 'Avis scientifique pour la modification de la loi européenne sur le climat - Fixer des objectifs climatiques pour renforcer les priorités stratégiques de l'UE', publié lundi 2 juin, les experts recommandent de viser une réduction nette de 90 à 95% des émissions nationales de gaz à effet de serre d’ici 2040, par rapport aux niveaux de 1990 ; une recommandation émise tandis que les États membres débattent du niveau exact de l’objectif à fixer.
Selon nos confrères de Politico, le commissaire chargé de l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, aurait plaidé dans le cadre des discussions entre les partis allemands en vue de former un gouvernement, pour un objectif de 90%, à condition qu’il tienne compte d'une marge de flexibilité par l’usage de crédits carbone internationaux.
Cette position aurait été intégrée dans l’accord de coalition en cours de finalisation en Allemagne, permettant que jusqu’à 3 points de pourcentage de l’objectif puissent être atteints à l’étranger.
Selon le Conseil consultatif scientifique européen, un objectif compris entre 90 et 95% constitue une trajectoire « scientifiquement solide » vers la neutralité climatique en 2050.
Le rapport explique que l'UE a déjà réduit ses émissions de 32% entre 1990 et 2022, mais rappelle que d'importantes disparités entre les secteurs et entre les pays subsistent.
Il pointe du doigt l’utilisation de crédits carbone internationaux, qui pourrait détourner des ressources des efforts domestiques et compromettre l’intégrité environnementale de l’objectif.
Par ailleurs, l’objectif 2040 serait utile à la visibilité politique à moyen terme, pour sécuriser les investissements dans les technologies propres, l’électrification et l’innovation, tout en réduisant la dépendance de l’Europe à l'égard des énergies fossiles importées.
Enfin, le rapport dénonce une certaine faiblesse des politiques d’adaptation européennes et appelle, en ce sens, à un cadre juridique plus solide. En effet, l’Europe est le continent qui se réchauffe le plus vite. Les experts estiment qu’il est urgent de constituer en UE des objectifs d’adaptation clairs et mesurables, en vue de la COP30 prévue en novembre prochain.
Le rapport : https://aeur.eu/f/h55 (Nithya Paquiry)