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Bulletin Quotidien Europe N° 13614
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Droits fondamentaux

Les eurodéputés s'interrogent sur l'efficacité de la stratégie de l'UE en faveur des Roms

Réunis mercredi 2 avril en session plénière, les eurodéputés ont débattu de la mise en œuvre de la stratégie européenne pour l’égalité, l’inclusion et la participation des Roms (2020-2030) (EUROPE 12576/9). Le constat de discriminations systémiques à l’égard des six millions de Roms vivant dans l’Union européenne, et ce malgré cette 'feuille de route', a ponctué les interventions.

En préambule des échanges, la commissaire européenne chargée de l'Égalité, Hadja Lahbib, a ainsi déclaré : « Pour parvenir à une véritable Union de l’égalité, nous devons favoriser une société où la non-discrimination et l’égalité prévalent. Mais les progrès en matière d’inclusion des Roms sont encore trop faibles et trop lents ». Elle a martelé qu’« il est inacceptable, par exemple, que l’espérance de vie des femmes et des hommes roms soit d’environ dix ans inférieure à celle de la population générale ». 

De fait, l’intégration de l’égalité dans toutes les politiques de l’UE, l’application rigoureuse de la législation existante et une meilleure mobilisation des fonds européens constituent les trois grandes orientations que la Commission s'engage à suivre.

« Nous devons faire le meilleur usage des fonds européens pour avoir un impact durable dans la vie des communautés roms marginalisées », a souligné la commissaire. 

L'eurodéputée française Murielle Laurent (S&D) a fait part des réalités du terrain. « 16 septembre 2021, 7 h 59. (...) C’est la date de l’expulsion d’un camp de Roms dans ma ville. En trois expressions : détresse sociale, manque d’humanité, indifférence de l’État français ».

Elle a déploré que « ces dernières années, les discriminations dont ils sont victimes [aient] été ignorées » et appelé à l'Union à « montrer qu'elle est fondée sur des valeurs de solidarité envers tous ses citoyens, sans exception ». 

Cette mise au ban de la société se reflète au sein même de l'hémicycle, ainsi que l'a dénoncé Estrella Galán (La Gauche, espagnole) : « C'est la première fois depuis 2004 qu'il n'y a pas un seul député européen rom parmi nous ».

Francisco Assis (S&D, portugais) a dénoncé une « discrimination structurelle » et rappelé que « les promesses ne se sont pas traduites, dans la plupart des cas, en actions concrètes et efficaces sur le terrain ».

De même, Loránt Vincze (PPE, roumain), dénonçant l’antitsiganisme, a souligné la lenteur de la mise en œuvre de la stratégie, sans pour autant la remettre en cause. « Nous devons promouvoir l’inclusion des Roms dans tous les domaines de la société », a-t-il soutenu. 

Toutefois, ces constatations n’ont pas été partagées par l’ensemble des élus, notamment du côté de la droite radicale et nationaliste, où certains ont remis en cause l’approche de la stratégie. Alessandro Ciriani (CRE, italien) a affirmé que « l’intégration n’est pas seulement une question de ressources ou de stratégie, c’est avant tout une question de volonté et de respect des règles », estimant que « beaucoup de ces communautés choisissent de vivre séparées ».

Ces propos ont suscité l’indignation de Nicolae Ștefănuță (Verts/ALE, roumain). « Ce n’est pas possible d’accepter cela au Parlement européen », a-t-il affirmé. Et de soutenir que « la vie des Roms est notre problème à tous ».

À l'issue des déclarations des élus, Hadja Lahbib a appelé à un « engagement de tous (...) pour progresser vers une Europe plus inclusive et plus égalitaire ». (Nithya Paquiry)

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