Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a confirmé, jeudi 3 avril, que son pays allait rester dans l’Alliance atlantique, une déclaration qui devrait rassurer ses alliés, dont certains s'inquiètent de l'engagement à long terme des États-Unis vis-à-vis de l'Alliance.
« Nous allons rester dans l'OTAN », a-t-il promis à son arrivée au siège de l’OTAN, expliquant que son pays était plus actif que jamais au sein de l’Alliance.
Dépenser 5% de son PIB en défense. Le secrétaire d’État a expliqué que les États-Unis voulaient une OTAN « plus forte et plus viable », ce qui signifie qu’il faut que les Alliés se dotent de davantage de capacités et, donc, dépensent plus. « Il s'agit d'un ensemble d'économies avancées, de pays riches, qui ont la capacité d'en faire plus », a-t-il souligné.
« Nous voulons donc partir d'ici avec la certitude que nous sommes sur une voie réaliste, qui permettra à chacun des membres de s'engager et de tenir sa promesse d'atteindre 5% de dépenses. Cela inclut les États-Unis, qui devront augmenter leur pourcentage », a prévenu M. Rubio. Les États-Unis étaient, à 3,4% en 2024.
Le représentant américain a précisé que son président n’était pas contre l’OTAN, mais contre « une OTAN qui ne dispose pas des capacités nécessaires pour remplir les obligations que le traité impose à chacun de ses États membres ». « Personne ne s'attend à ce que cela se fasse en un an ou deux, mais la voie doit être concrète », a-t-il prévenu. 23 Alliés ont désormais atteint des dépenses de défense représentant 2% de leur PIB, ambition fixée en 2014 pour 2024.
Augmenter les dépenses de défense va nécessiter des choix, a reconnu M. Rubio, rappelant que son pays en avait fait et accordait la priorité à la défense. Selon lui, « les événements de ces dernières années, notamment la guerre terrestre à grande échelle au cœur de l'Europe, nous rappellent que la puissance coercitive reste nécessaire comme moyen de dissuasion ». Et d’ajouter : « Si les menaces sont aussi graves que je le crois et que les membres de l'Alliance le croient, alors elles doivent être affrontées par un engagement total et réel à se doter des capacités nécessaires pour y faire face ».
De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a rappelé que « les États-Unis étaient un allié fidèle au sein de l'OTAN ». Il a précisé que cet engagement américain venait avec l’attente que les Européens et les Canadiens dépensent plus « C’est déjà le cas », a souligné M. Rutte, rappelant que, depuis le premier mandat de Donald Trump, les Européens et les Canadiens avaient dépensé 700 milliards de dollars supplémentaires en défense. « Nous devons néanmoins faire davantage », a-t-il reconnu.
Interrogé plus tôt dans la journée sur les 5%, le secrétaire général avait rappelé que les Alliés travaillaient au processus de planification de la défense de l'OTAN, espérant parvenir à des conclusions en mai ou juin. « Ensuite, nous évaluerons, compte tenu de ces écarts (pour atteindre les objectifs et combler les lacunes), ce que nous devons faire davantage », a-t-il ajouté, prévenant que cela nécessitera des dépenses de défense « supérieures à 3% » du PIB.
Le nouvel objectif de dépense devrait être fixé à l’occasion du sommet de La Haye, fin juin. (Camille-Cerise Gessant)