Les eurodéputés ont débattu en session plénière, mercredi 12 février, de la santé mentale des jeunes. Ce phénomène, qualifié de « crise silencieuse » par la Commission européenne, se traduit par des chiffres qui révèlent une situation hautement préoccupante.
Le rapport « Panorama de la santé » de 2022 a indiqué que près d’un jeune Européen sur deux fait état de besoins non satisfaits en matière de soins de santé mentale, tandis que la proportion de jeunes signalant des symptômes de dépression a plus que doublé dans plusieurs pays de l’UE pendant la pandémie.
Le commissaire européen à l’Équité intergénérationnelle, la Jeunesse, la Culture et le Sport, Glenn Micallef, a rappelé que « 20% des adolescents expérimentaient des problèmes de santé mentale » et que « 50% des jeunes Européens ont déclaré des besoins non satisfaits en matière de santé mentale ». Pour y répondre, la Commission a adopté une approche transversale avec 20 initiatives soutenues avec 1,23 milliard d'euros.
Les eurodéputés ont appelé à une action rapide. Tomislav Sokol (PPE, croate) a plaidé pour « faciliter l'accès à l'aide professionnelle pour les jeunes » et « renforcer la protection des jeunes dans le monde numérique ».
Alex Agius Saliba (S&D, maltais) a déploré que « ni le 'Digital Fairness Act' ni le droit à la déconnexion n'aient vu le jour », deux législations qu’il jugent « importantes » pour la protection de la santé mentale, encore en élaboration.
Une évaluation publiée en octobre 2024 (EUROPE 13497/6) devrait servir de base de travail sur le 'Digital Fairness Act', qui permettrait de renforcer la protection des jeunes face aux dangers des plateformes numériques. Concernant le droit à la déconnexion, des travaux devraient être lancés par la Commission (EUROPE 13567/22).
La question des réseaux sociaux et du cyberharcèlement a été amplement abordée. Veronika Cifrová Ostrihoňová (Renew Europe, slovaque) a déclaré que « trois recommandations sur quatre faites aux jeunes filles recherchant des conseils sur l'alimentation sur la plateforme de vidéos en ligne YouTube concernent des contenus extrêmes liés aux troubles alimentaires ».
Emma Fourreau (La Gauche, française) a affirmé que « la jeunesse ne sera pas sauvée par des antidépresseurs, mais par une rupture avec les politiques d'austérité ». De même, Romana Jerković (S&D, croate) a dénoncé « l'absence de volonté politique et de moyens financiers pour lutter efficacement contre cette crise ». (Nithya Paquiry)