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Bulletin Quotidien Europe N° 13579
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Des responsables européens rappellent que les négociations de paix doivent impliquer l’Ukraine et les Européens

Alors que le président américain, Donald Trump, est prêt à engager des négociations avec le président russe, Vladimir Poutine, pour mettre fin à la guerre en Ukraine, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, tout comme plusieurs responsables européens, ont rappelé, jeudi 13 février, que l’Ukraine devait être impliquée dans les négociations.

Des inquiétudes que le Secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a voulu apaiser en précisant que « toute négociation qui aura lieu se fera avec les deux parties (Russie et Ukraine) ».

« Il est crucial que lorsque nous parlons de l’Ukraine, l’Ukraine soit étroitement impliquée dans tout ce qui se passe », a souligné Mark Rutte. 

La porte-parole de la Commission européenne, Paula Pinho, a rappelé que « rien ne devait se faire sur l’Ukraine sans l’Ukraine » ('nothing on Ukraine without Ukraine') et que tout accord de paix juste et durable devait inclure l'Ukraine à la table des négociations. 

Mercredi soir, quelques heures après l’annonce de négociations entre les États-Unis et la Russie, les ministres des Affaires étrangères francais, allemande, polonais, italien, espagnol, britannique, ukrainien, la Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, et le commissaire européen à la Défense, réunis à Paris pour discuter de l’Ukraine, avaient prévenu que « l’Ukraine et l’Europe (devaient) participer à toutes les négociations ».

Voir la déclaration des ministres : https://aeur.eu/f/fhf

Pas de discussions sans les Européens. Une demande reprise jeudi par le président du Conseil européen, António Costa, tout comme la Haute Représentante de l’UE et le ministre de la défense allemand, Boris Pistorius. « La paix en Ukraine et la sécurité de l’Europe sont indissociables. (...) Il n’y aura pas de négociations crédibles et fructueuses, pas de paix durable sans l’Ukraine et sans l’UE », a prévenu M. Costa. 

« Aucun accord (conclu) dans notre dos ne fonctionnera. Pour n'importe quel accord, il faut que les Européens et les Ukrainiens le mettent en œuvre », a souligné Kaja Kallas à son arrivée au siège de l'OTAN pour un Conseil OTAN-Ukraine. Selon elle, si les Ukrainiens ne sont pas d’accord avec l’accord et continuent de résister, les Européens les soutiendront.

Selon M. Pistorius, « il doit être clair, lorsque nous parlons d'un accord de paix, d'un cessez-le-feu ou autre, que les Européens, qui seraient un élément essentiel d'un nouvel ordre ou devraient l'être, (…) ne peuvent pas s’asseoir à la table des enfants ».

À contre-courant, sur X, le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, proche de MM. Trump et Poutine, a estimé que l’on ne pouvait pas demander une place à la table des négociations, mais qu’il fallait la mériter. 

Pete Hegseth a précisé que l’OTAN et ses membres européens joueraient un rôle dans le « besoin de paix », affirmant que les négociations « affectent beaucoup de gens », sans pour autant préciser à quel point ils seraient impliqués.

Interrogations sur les concessions dejà faites à la Russie. M. Pistorius a également regretté, à son arrivée à l’OTAN, les « concessions » faites par Washington à Moscou « avant même le début des négociations ». « Il aurait été préférable, à mon avis, de parler d'une éventuelle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN ou d'éventuelles pertes de territoire à la table des négociations », a-t-il expliqué (EUROPE 13578/9).

« Pourquoi donnons-nous aux Russes tout ce qu'ils veulent avant même que les négociations aient débuté ? », s’est également interrogée Mme Kallas, selon qui aucun sujet ne devrait être retiré de la table des négociations – y compris l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, qui est, selon elle, la meilleure garantie de sécurité et la moins onéreuse – avant même que les négociations ne commencent. La porte-parole du Service européen pour l'action extérieure, Anitta Hipper, a rappelé que l’independance et l’intégrité territoriale de l’Ukraine étaient « inconditionnelles ».

Jeudi, un responsable de l’OTAN a précisé que l’avenir de l’Ukraine dans l’OTAN avait été décidée par les Alliés en 2008 et que le statut de membre ne faisait pas partie des négociations de paix. Publiquement, M. Rutte a précisé que Kiev n’avait jamais reçu la promesse que l’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine ferait partie de l’accord de paix.

Rappelant que M. Trump voulait « arrêter les massacres », le Secrétaire américain à la Défense a estimé que cela « nécessitera que les deux parties reconnaissent des choses qu’elles ne veulent pas ». M. Hegseth a aussi expliqué, contrairement à la veille, que « tout (était) sur la table dans (les) conversations (de M. Trump) avec Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky ». Selon lui, M. Trump déterminera « la carotte ou le bâton le plus robuste de chaque côté pour induire une paix durable ». (Camille-Cerise Gessant)

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