Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a averti, jeudi 13 février, à l’issue de la réunion ministérielle de l’OTAN, à Bruxelles, que « le président Trump ne laissera personne faire de l'Oncle Sam un pigeon » ('turn Uncle Sam into Uncle Sucker').
M. Hegseth a ainsi une nouvelle fois incité les Alliés à dépenser plus en défense, appelant à « rendre sa grandeur à l’OTAN » ('Make NATO great again') (EUROPE 13578/11). Réitérant le soutien de son pays à Alliance atlantique, l'Américain avait, à son arrivée, reconnu que le monde était « un endroit plus sûr et plus libre quand l’OTAN est forte ».
« Rien ne vaut le 'hard power'. Il faut évidemment augmenter les dépenses, mais il faut aussi étendre nos capacités industrielles des deux côtés de l’Atlantique. Les dollars, les euros et les livres sterling doivent devenir de véritables capacités », a prévenu le secrétaire à la Défense. « La base industrielle de défense, pas seulement en Europe, mais aussi aux États-Unis, doit avoir la capacité de créer des systèmes et des munitions nécessaires pour soutenir un combat », avait-il souligné à son arrivée.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a lui aussi insisté sur la nécessité de dépenser « beaucoup plus et plus vite », mais aussi de renforcer l’industrie de la défense. « Nous ne produisons pas assez », a-t-il regretté. Selon lui, la Russie produit en trois mois les munitions que les Alliés produisent en un an. « Et cela n’est tout simplement pas tenable. Nous devons accélérer la production », a-t-il insisté.
De plus, a relevé l'ancien premier ministre néerlandais, « pour garantir la crédibilité de notre dissuasion et de notre défense dans les années à venir, nous devons adopter une mentalité de guerre. Et nous avons besoin que l’industrie s’adapte à nous ».
Le secrétaire général a annoncé que les Alliés s’étaient mis d’accord sur un plan d'action actualisé pour reconstruire une industrie de défense forte des deux côtés de l'Atlantique, sans donner plus de détails. En juillet, lors du sommet de Washington, les Alliés s’étaient engagés à renforcer cette industrie (EUROPE 13451/3).
Lancement de deux nouvelles initiatives multinationales. Le même jour, l’OTAN a lancé deux nouvelles initiatives multinationales à haute visibilité pour renforcer la protection de son espace aérien, sa dissuasion et sa défense.
Quinze Alliés (la Belgique, le Danemark, l'Estonie, la Finlande, la France, la Grèce, la Lettonie, la Lituanie, les Pays-Bas, la Norvège, le Portugal, la Roumanie, l'Espagne, la Turquie et le Royaume-Uni) se sont engagés à développer des solutions plus efficaces pour faire face aux menaces aériennes de plus basse altitude (moins de 150 mètres).
Ces mêmes Alliés, auxquels s’ajoute la République tchèque, ont également lancé une initiative multinationale sur la surveillance aérienne passive, comme la détection du bruit, « essentielle pour identifier les menaces entrantes indétectables par les capacités de surveillance aérienne active telles que les radars et les satellites », selon l’Alliance. (Camille-Cerise Gessant)