Le Parlement européen a adopté, jeudi 13 février, une résolution condamnant la destitution et l’arrestation de plusieurs maires turcs issus de l’opposition, notamment du parti pro-kurde.
Proposé conjointement par six groupes politiques (La Gauche, Verts/ALE, Renew Europe, S&D, PPE et ECR), le texte a été voté à main levée. Il appelle Ankara à respecter l'État de droit et à rétablir les maires élus démocratiquement.
« Depuis 2016, 149 maires ont été destitués et remplacés par des administrateurs désignés par le gouvernement », a signalé l’eurodéputée française Mélissa Camara (Verts/ALE), lors du débat préalable qui s'est tenu mercredi 12 février. La situation soulève « de grandes préoccupations concernant l'état de la démocratie en Turquie », a ajouté Reinhold Lopatka (PPE, autrichien).
Plusieurs eurodéputés ont demandé des mesures sévères « à l'encontre des fonctionnaires turcs qui assument le rôle d’administrateurs et de ceux qui les nomment », comme indiqué dans la résolution. « Nous avons les outils nécessaires au sein de l'UE et le moment est venu de mettre en place des sanctions à l'adresse de la Turquie », a déclaré Vladimir Prebilič (Verts/ALE, slovène).
En conclusion du débat, Glenn Micallef, commissaire européen à l'Équité intergénérationnelle, à la Jeunesse, à la Culture et aux Sports, a rappelé que « les droits humains ne sont pas négociables » et que « le bon fonctionnement des démocraties locales, conformément aux recommandations de la Commission de Venise », reste une condition sine qua non d'un potentiel élargissement européen. Il a assuré que la situation serait suivie de près, notamment via la délégation de l’UE à Ankara.
La résolution commune : https://aeur.eu/f/fhe (Justine Manaud)