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Bulletin Quotidien Europe N° 13574
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

Le ministre polonais de l'Intérieur défend devant le PE la nécessité de trouver des solutions innovantes dépassant le 'Pacte Asile et migration'

Une partie des membres de la commission des libertés civiles du PE (LIBE), notamment issus des groupes S&D, Renew Europe et des Verts/ALE, se sont inquiétés, jeudi 6 février, auprès du ministre polonais de l’Intérieur, Tomasz Siemoniak, de la gestion par Varsovie de sa frontière avec la Biélorussie et du traitement des migrants instrumentalisés par Minsk et Moscou.

Alors que le ministre était invité à exposer les priorités de la Présidence polonaise du Conseil de l’UE, ils ont aussi exprimé des craintes quant aux potentiels ‘centres de retours’ pour les personnes déboutées de l’asile dans l’UE, que la Commission pourrait aussi proposer de créer en mars, lorsqu’elle présentera une législation révisée sur les retours.

Le ministre polonais a rappelé en préambule les grandes priorités de Varsovie, entre sécurité, lutte contre l’immigration irrégulière et lutte contre la criminalité organisée.

Mais il a rapidement balayé les craintes exprimées, entre autres par Cécilia Strada (S&D, italienne) ou Birgit Sippel (S&D, allemande), sur le traitement des migrants à la frontière biélorusse et les critiques quant au manque d’accès des ONG humanitaires.

Assurant que les migrants ayant besoin de soins sont pris en charge, et même « hospitalisés » pour ceux dont la santé le nécessite, il a souligné que le gouvernement polonais avait autorisé les ONG humanitaires à accéder à ces zones tampons.

Il a aussi refusé les critiques de l’Espagnol Juan Fernando Lopez Aguilar (S&D), mettant en comparaison les « centaines » de personnes venues de Biélorussie et « les milliers qui arrivent aux îles Canaries ».

Le ministre a chiffré ce phénomène à des « dizaines de milliers de tentatives » d’entrée en force en Pologne depuis la Biélorussie.

Répondant à Birgit Sippel, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les frontières extérieures de l’UE, dont celle avec la Biélorussie, pour préserver l’espace Schengen et éviter les « contrôles aux frontières intérieures ».

Face à l’utilisation des migrants comme une arme par la Biélorussie ou la Russie (EUROPE 13561/5), « toutes ces mesures (Varsovie a notamment érigé une barrière physique et compte procéder à des dérogations au droit d’asile, NdlR) sont pertinentes et ont tout à fait lieu d’être ». Le ministre a d’ailleurs dit avoir eu le soutien des ministres de l’Intérieur des autres États membres lors de l’informelle de Varsovie du 30 janvier.

Tancé par le Suédois Charlie Weimers, membre du CRE proche du PiS polonais, sur sa position sur le ‘Pacte Asile et migration’, le ministre a voulu écarter tout doute et assuré que la position du gouvernement Tusk (qui refuse d'appliquer certains volets de la réforme) était aussi ferme sur la migration que le gouvernement précédent.

Et le ministre a rappelé le souhait de Varsovie d’aller au-delà de ce que prévoit le ‘Pacte’ pour les situations d’instrumentalisation et a souligné qu’un certain nombre d’États membres sont prêts à rediscuter du Pacte, compte tenu des situations mouvantes et des nouvelles menaces hybrides.

Sans se prononcer sur la nature des futurs ’centres de retours’ ni sur leur capacité à respecter les droits des migrants, comme le lui ont demandé certains élus, le ministre a répété que les 'solutions innovantes' en matière de gestion des flux irréguliers sont une nécessité, car il n’existe, selon lui, aucune autre solution possible.

« Nous avons besoin d’une législation imparable sur les retours ; on n’a pas de solutions à heure actuelle. On peut aussi utiliser un levier commercial et trouver des solutions bénéfiques pour toutes les parties prenantes », a-t-il expliqué. Et « chercher des pays tiers qui acceptent ces retours, ce sont des solutions innovantes et les seules possibles ».

Dans ses propos liminaires, le ministre avait insisté sur la nécessité de trouver des « solutions au-delà du ‘Pacte’ classique ». Mais il avait aussi souligné, sur un autre volet, le besoin d’ouvrir de nouvelles voies de migration légale de travail, en sélectionnant des personnes qualifiées choisies dans des pays tiers sûrs qui ne mettraient pas l’UE face à un risque de chantage. (Solenn Paulic)

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