Face à la demande du Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, vendredi 24 janvier, à l’Union européenne d’intervenir pour que l'Ukraine prolonge l’accord de transit de gaz russe via son territoire (EUROPE 13551/13), une porte-parole de la Commission a indiqué que les pays les plus impactés par la fin de l’accord avaient été suivis de très près (EUROPE 13554/1) et que la Commission n’avait « pas vu d'éléments particulièrement inquiétants ».
« Nous n'avons pas vu de hausses ou de pics particuliers des prix du gaz au cours de la nouvelle année. Le marché s'est déjà fait une idée de ce transit lorsqu'il a mis en place des protections pour les prix du gaz à plus long terme », a ainsi soutenu la porte-parole.
Elle a toutefois reconnu que les prix de l’énergie étaient structurellement élevés pour les consommateurs : « La présidente von der Leyen l'a mentionné dans tous ses discours publics ces deux derniers jours (EUROPE 13563/10) et c'est une question à laquelle nous accordons beaucoup d'attention et que nous aborderons plus en détail dans le cadre du plan d'action pour une énergie abordable ».
M. Orbán a également avancé que les sanctions de l’UE contre la Russie pour sa guerre d’agression en Ukraine auraient coûté 19 milliards d’euros à la Hongrie, sans préciser le calcul de ce chiffre. Le Premier ministre pourrait ainsi compromettre le renouvellement des sanctions à la fin du mois, qui requiert l’unanimité des États membres.
« Il n’est pas bon que nous payions le prix de l’aide à l’Ukraine (via les sanctions contre la Russie) et qu’ils nous causent des problèmes », a-t-il ainsi affirmé à la radio nationale, faisant référence au choix de Kiev de ne pas prolonger l’accord de transit après le 31 décembre 2024.
Les prix du gaz ont effectivement grimpé fin décembre et juste après l’expiration de l’accord, avant de fluctuer, notamment en raison de l’augmentation d’importations de gaz naturel liquéfié (GNL) au cours du mois de janvier. (Pauline Denys)