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Bulletin Quotidien Europe N° 13551
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Invasion Russe de l'Ukraine / Énergie

Fin de l’accord de transit de gaz russe via l’Ukraine, la Commission européenne assure que « les fondamentaux du marché sont restés stables »

En réaction à la fin de l’accord de transit de gaz russe via l’Ukraine, mercredi 1er janvier, la Commission européenne et les États membres ont tenté de rassurer sur la situation jugée « globalement stable ».

« Les fondamentaux du marché sont restés stables. La demande reste faible, à environ 18% par rapport aux niveaux d'avant la crise, et les niveaux de stockage se situent également au niveau d'avant-crise », a assuré la porte-parole de la Commission européenne Anna-Kaisa Itkonen devant la presse, lundi 6 janvier.

À l’issue d’une réunion extraordinaire du groupe de coordination pour le gaz ayant eu lieu le 2 janvier, la Commission, avec les États membres d'Europe centrale et de l'est, a conclu, dans un communiqué, qu’il n’y avait « pas de problème de sécurité d'approvisionnement », grâce à un travail préparatoire et à la coordination dans la région et au-delà.

La Commission a également réaffirmé que l’approvisionnement en gaz était assuré par des voies alternatives, des retraits des stocks et des capacités d’importation de gaz naturel liquéfié (GNL) renforcées depuis 2022.

Par ailleurs, le communiqué de la Commission insiste sur le fait que l'infrastructure gazière européenne est flexible et peut accueillir du gaz d'origine non russe, conformément aux objectifs de REPowerEU.

Situation préoccupante en Moldavie. La situation est toutefois préoccupante pour la Moldavie, plus particulièrement la région séparatiste de Transnistrie, dont l'approvisionnement en gaz est restreint depuis le 1er janvier, car la Russie estime que la Moldavie n'a pas respecté ses obligations de paiement.

La Commission a dit maintenir les contacts avec les autorités moldaves pour éviter les pénuries et a appelé tous les États membres de l’Union à faire preuve de solidarité avec le pays.

Une réunion aura lieu au cours de la semaine pour faire le point sur la situation et « entendre le point de vue de la Moldavie », comme l’a souligné Anna-Kaisa Itkonen.

Menaces de la Slovaquie. L’UE se préparait depuis plusieurs mois déjà à l’expiration du contrat signé entre l’Ukraine et le géant russe Gazprom en 2019 permettant de livrer du gaz russe à l’Europe via son territoire (EUROPE 13506/14), et à son impact, notamment sur la sécurité d’approvisionnement des pays d’Europe de l’Est.

Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, qui s’est rendu en visite à Moscou le 22 décembre, a averti, le 2 janvier, dans une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, que son gouvernement de coalition discuterait des mesures de représailles à prendre à l'encontre de l'Ukraine, comme la coupure éventuelle de l'approvisionnement en électricité de l'Ukraine.

Il a également demandé des mécanismes de compensation « qui remplaceront la perte pour les finances publiques de près de 500 millions d'euros », si l’accord n’était pas renouvelé. Une délégation slovaque devrait discuter de la situation à Bruxelles le 7 janvier.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait précédemment accusé M. Fico, via le réseau social X, d’ouvrir « un second front énergétique » contre l’Ukraine.

Prix du gaz naturel. Après la fin de l’accord de transit, le prix du gaz naturel européen (référence TTF néerlandais) a dépassé les 50 euros/mégawattheure, atteignant ainsi son niveau le plus élevé depuis octobre 2023 (EUROPE 13531/14). Il est ensuite légèrement redescendu en dessous des 48 euros à la date du 6 janvier.

Cette hausse des prix est également liée au temps particulièrement froid des dernières semaines, entraînant la baisse des stocks de gaz à un rythme record depuis 2021. Ceux-ci sont actuellement remplis à un peu plus de 70%, contre 85% à la même période en 2024.

Dans son communiqué, la Commission soutient néanmoins que les niveaux de stockage, à 72% (70,33% le 4 janvier), sont légèrement supérieurs à la moyenne (69%) qu’elle calcule pour cette période de l'année et qu’elle maintient une surveillance et une communication régulières avec les États membres et les acteurs du marché. (Pauline Denys)

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