Le commissaire européen à l’Énergie, Dan Jørgensen, et le Premier ministre slovaque, Robert Fico, accompagné de sa ministre de l’Économie, Denisa Saková, se sont entretenus à Bruxelles, jeudi 9 janvier, sur les conséquences de la fin de l’accord de transit de gaz russe via l’Ukraine (EUROPE 13551/13).
L’échange devait initialement avoir lieu plus tôt dans la semaine, le 7, mais avait été annulé. Bratislava a expliqué ce report en raison du désistement de Kiev, sans plus de détails.
À l’issue de la réunion de jeudi, M. Fico a exprimé devant la presse européenne sa volonté de ne pas accroître les tensions, mais n’a pas révoqué ses menaces de « mesures compensatoires » à l’égard de l’Ukraine, si le pays continuait à faire obstacle aux exportations de gaz russe.
Il a ainsi maintenu la possibilité de couper l'approvisionnement d'urgence en électricité à l'Ukraine et d’interrompre l'aide humanitaire, mais a également menacé d'utiliser son droit de veto au sein de l’UE concernant les questions ukrainiennes.
La décision de Kiev de ne pas reconduire le contrat signé en 2019 entre Gazprom et Naftogaz pour faire transiter du gaz russe sur son territoire en direction des pays à l’est de l’Union européenne est décriée depuis plusieurs mois par le gouvernement slovaque.
M. Fico avait d’ailleurs suscité la polémique en se rendant à Moscou le 22 décembre dernier pour discuter de la situation avec le président russe, Vladimir Poutine.
Entretemps, il a accusé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de « sabotage », expliquant que la fin de l’accord représentait une perte de plus de 500 millions d’euros en frais de transit que Bratislava percevait en acheminant le gaz vers des pays voisins, comme la République tchèque et la Hongrie.
Suite à l’entretien entre M. Jørgensen et M. Fico, la Commission européenne a indiqué, dans une déclaration, que les deux parties allaient continuer à suivre de près la situation, « aussi bien sur le plan politique que technique ».
Elles ont également annoncé qu’elles s’étaient accordées sur la mise en place d’un groupe de travail de haut niveau « pour assurer le suivi et identifier les options sur la base d'une évaluation conjointe de la situation et voir comment l'UE peut aider ». (Pauline Denys)