Les dirigeants européens ont salué, dans la soirée de mercredi 15 janvier, l’annonce d’un cessez-le-feu à Gaza et la libération d’otages israéliens.
Dès le 16 janvier, l’accord était cependant déjà mis à mal, après des allégations israéliennes sur un retour en arrière du Hamas concernant certains éléments de l’accord. Le gouvernement israélien doit encore ratifier l’accord, qui comporte trois phases. La première porte sur une trêve, qui commencerait dimanche 19 janvier, l'échange de 33 otages israéliens contre 1 000 prisonniers palestiniens sur une période de 42 jours et une hausse de l'aide à Gaza.
Sur X, le président du Conseil européen, António Costa, a estimé que l'accord « devrait permettre un accès immédiat à l’aide humanitaire indispensable et créer les conditions nécessaires au redressement et à la reconstruction de Gaza ». « L’UE reste attachée à une paix globale, juste et durable, fondée sur la solution à deux États », a-t-il souligné.
« Les otages pourront retrouver leurs proches et l’aide humanitaire pourra parvenir aux civils de Gaza », s’est réjouie la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Jeudi 16 janvier, la Commission a annoncé une nouvelle aide humanitaire de 120 millions d’euros pour Gaza (voir autre nouvelle).
De son côté, la commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, a promis que l’UE restait « engagée à soutenir tous les efforts en faveur d'une paix et d'un rétablissement durables ». Selon sa lettre de mission, Mme Šuica est chargée de préparer un plan pour la reconstruction de Gaza. Interrogé à ce sujet par Agence Europe, le porte-parole de la Commission européenne, Guillaume Mercier, a expliqué que l’UE allait travailler avec les partenaires internationaux, y compris les pays du Golfe, « pour trouver une procédure ». « C’est un travail de longue durée, cela va s’établir petit à petit », a-t-il ajouté.
Le porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Anouar Al Anouni, quant à lui, a précisé que l’UE - qui n'a pas participé au processus de négociation de l'accord - était prête à soutenir le cessez-le-feu et mettait à jour ses plans pour redéployer la mission EUBAM Rafah – un travail entamé sous l’ancien Haut Représentant (EUROPE 13483/5). Un tel redéploiement nécessitera l’accord de l’Autorité palestinienne, de l’Égypte et d’Israël.
Hasard du calendrier, le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa, était à Bruxelles, jeudi 16 janvier, pour rencontrer le président du Conseil européen et la présidente du Parlement européen. Vendredi 17, il rencontrera la Haute Représentante de l’UE.
Le Parlement européen débattra, lundi 20 janvier au soir, du « cessez-le-feu à Gaza, du besoin urgent de libérer les otages, de mettre fin à la crise humanitaire à Gaza et d’ouvrir la voie à une solution à deux États ». (Camille-Cerise Gessant)