Énième signe de la nouvelle dynamique politique que la Commission européenne veut donner à l'élargissement de l'Union, la commissaire chargée du dossier, Marta Kos, était de retour devant les députés de la commission des affaires étrangères du Parlement européen, mardi 14 janvier, pour faire le point sur l'avancée des différents pays candidats.
Parmi les sujets de discussion abordés lors de l'heure et demie d'échanges, la commissaire a tenu à souligner l'importance stratégique et géopolitique de l'élargissement de l'UE, face à ceux qui, « dans le monde, et ils sont nombreux, voudraient voir l'Europe échouer ».
« Notre force dépend de notre unité et de notre taille également », a-t-elle affirmé. « Notre politique d'élargissement doit avoir un but plus grand [que l'agrandissement de l'Union], elle doit bénéficier à tous les Européens ».
Neuf pays sont officiellement candidats à l'intégration dans l'UE, avec un degré d'avancement dans le processus plus ou moins développé.
Du côté de l'Ukraine, la commissaire a affirmé être « optimiste » quant à la possibilité de voir le pays en guerre « ouvrir un ou deux clusters » sous la Présidence polonaise - de même pour la Moldavie, malgré le scrutin électoral d'octobre assombri par des soupçons d'ingérence russe (EUROPE 13520/8).
Marta Kos a également exprimé de vives inquiétudes concernant la situation en Géorgie, dont les récents évènements politiques ont gelé les avancées déjà réalisées.
Selon la commissaire, l'Union doit se tenir prête à continuer à soutenir la société civile géorgienne, tout en gardant à l'esprit que la situation actuelle à Tbilissi incarne les « défis fondamentaux » auxquels est confrontée l'UE (EUROPE 13548/10).
La question de l'avancée des six pays des Balkans occidentaux est plus délicate. Selon la commissaire, l'Albanie et la Macédoine du nord sont, à ce stade, les deux pays « les plus avancés » dans le processus.
« J'ai bon espoir que sous la Présidence polonaise du Conseil de l'UE, nous pourrons voir plus de progrès que lors des dix dernières années », a-t-elle déclaré, prophétisant la tenue d'« une dizaine » de conférences intergouvernementales d'ici la fin de l'année, sans préciser quels pays seraient concernés.
Certains députés se sont cependant montrés quelque peu dubitatifs. « Oui, l'Albanie a réalisé des avancées, mais le processus comporte aussi la fermeture de chapitres, la mise en œuvre des réformes », a rappelé Andreas Schieder (S&D, autrichien). « Il reste encore beaucoup à réaliser », a-t-il tenu à rappeler (EUROPE 13547/2).
« [Le respect de] l'État de droit devrait être la pierre angulaire du processus d'adhésion, sa colonne vertébrale même. La Commission donne parfois l'impression de trop se concentrer sur le processus économique », a critiqué Tonino Picula (S&D, croate).
La région pâtit également de son instabilité politique et des tensions bilatérales qui l'émaillent (EUROPE 13536/9).
La Serbie, dont les tendances pro-russes embarrassent l'UE, refuse également de s'aligner sur la politique européenne de sécurité et de défense commune, pourtant une condition sine qua non à l'avancée du processus d'intégration (EUROPE 13531/4).
Marta Kos sera en visite au Monténégro jeudi 16 et vendredi 17 janvier. (Isalia Stieffatre)