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Bulletin Quotidien Europe N° 13557
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POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Les eurodéputés veulent profiter de la révision des règles de marchés pour inclure le vin

La commission de l’agriculture du Parlement européen a demandé à la Commission européenne, lundi 13 septembre, d’accepter d’utiliser la révision du règlement sur l’organisation commune des marchés (OCM) pour y inclure des mesures en faveur du secteur du vin.

Les eurodéputés ont demandé à la Commission de mettre en œuvre sans tarder les recommandations du groupe de haut niveau sur le secteur vitivinicole européen (EUROPE 13546/10). Les thèmes évoqués par ce groupe de haut niveau sont le potentiel de production, le renforcement de la résilience du secteur face à l'évolution du marché et l'amélioration de l'adaptation aux tendances du marché.

Le directeur général adjoint de la direction générale de l’agriculture (DG AGRI), Pierre Bascou, a défendu une « stratégie coordonnée » pour éviter des déséquilibres de marchés et renforcer la compétitivité du secteur tout en préservant les paysages. Il a évoqué l’idée d’accorder plus de flexibilité aux États membres en matière d’autorisation de plantations de vignes ou encore des mesures de simplification s’agissant de la ‘vendange en vert’ (pratique destinée à réduire la quantité de raisin).

« Nous allons publier très prochainement un calendrier sur la mise en œuvre possible des différentes recommandations du groupe de haut niveau », a précisé M. Bascou, après les interventions des eurodéputés. Il a toutefois estimé qu'il ne fallait pas intégrer le vin dans les négociations sur l'OCM, car l'objectif de cette réforme est de renforcer le revenu des agriculteurs. Il s'agit de deux processus différents, a-t-il considéré.

« Le vin connaît une crise grave », a admis Esther Herranz García (PPE, espagnole), qui a mis en évidence certaines des mesures préconisées (renforcement des organisations de producteurs, flexibilités sur les autorisations de plantations, plus de marges pour l’arrachage de vignes…) L’étiquetage numérique (code QR menant à une étiquette électronique) doit être encouragé, selon elle. Mme Herranz García a indiqué que, dans le cadre des propositions sur l’organisation commune des marchés (OCM), elle allait présenter des amendements pour inclure des dispositions en faveur du secteur du vin (EUROPE 13556/11).

Secteur stratégique. Dario Nardella (S&D, italien) attend de voir les propositions concrètes de la Commission sur le secteur du vin : un calendrier des propositions législatives avec des mesures à court, moyen et long terme. Il a aussi insisté sur les mesures de gestion des crises.

« Il y a urgence à agir », a également insisté Éric Sargiacomo (S&D, français), qui souhaite lui aussi utiliser la réforme de l’OCM pour prévoir des mesures en faveur du vin. Il faut, selon lui, remédier à des pratiques dans la distribution et le négoce. « Les interprofessions viticoles doivent pouvoir faire des recommandations sur les prix du raisin, du moût et du vin en vrac pour éviter que l’on retrouve dans les rayons des bouteilles à moins de deux euros », a préconisé Éric Sargiacomo.

Ne pas criminaliser la consommation de vin. Pour Gilles Pennelle (PfE, français), il ne faut pas criminaliser le vin (notamment via l’étiquetage) et il convient de laisser les producteurs combattre les maladies de la vigne (mildiou).

Carlo Fidanza (CRE, italien) attend la ‘feuille de route’ de la Commission. Il a soutenu les idées sur la souplesse accordée en matière d’autorisation de plantations de vignes, sur la promotion et sur l’étiquetage numérique.

Benoît Cassart (Renew Europe, belge) a demandé un calendrier de mise en œuvre des mesures. Il a demandé à la Commission si elle acceptait d’utiliser la réforme de l’OCM comme moyen de résoudre les problèmes urgents du secteur vitivinicole, plutôt que d’attendre la réforme de la PAC.

Céline Imart (PPE, française) a estimé que l'arrachage des vignes devait être financé par la politique agricole commune (PAC) et par des budgets supplémentaires. Elle a aussi demandé : - une hausse du plafond de 15% des paiements nationaux pour financer des mesures de distillation de crise ; - une diplomatie active au service des produits du vin de l'UE (relations avec les États-Unis et la Chine) ; - une promotion du vin ; - d'éviter les discours hygiénistes excessifs sur les effets de la consommation d'un verre de vin.

Vins bio. Martin Häusling (Verts/ALE, allemand) estime qu'il faut miser sur la promotion régionale et sur la qualité plutôt que sur la quantité. Il a demandé d’autoriser le phosphonate de potassium en viticulture biologique, pour lutter contre le mildiou notamment. Éric Sargiacomo, quant à lui, y est opposé, préférant l’utilisation de la ‘bouillie bordelaise’ (traitement fongicide composé de sulfates de cuivre et de chaux).

Selon les producteurs allemands, l’autorisation du phosphonate de potassium permet de minimiser autant que possible l'utilisation du cuivre en viticulture biologique.

La Commission fera prochainement une demande de réévaluation de l'utilisation du phosphonate de potassium en viticulture bio, a conclu M. Bascou. (Lionel Changeur)

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