L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’Union européenne, Mark Gitenstein, a voulu se montrer rassurant sur l’avenir des relations transatlantiques, à quelques jours de l’investiture de Donald Trump en tant que président.
« Ce que Harry Truman et, plus tard, Ronald Reagan ont fait avec (les) dirigeants (européens) pour construire une relation transatlantique forte est essentiel pour notre avenir en tant que citoyens des deux côtés de l'Atlantique. Et cette relation ne devrait pas dépendre de qui est président ou secrétaire d'État à un moment donné », a expliqué l’ambassadeur, avant son départ, à un petit groupe de journalistes, dont Agence Europe.
Selon lui, la relation transatlantique « devrait être dans l'intérêt commun de sécurité des gouvernements et des institutions des deux côtés de l'Atlantique ». M. Gitenstein a estimé que la relation survivra à l’administration Trump « parce que les parties prenantes de cette relation », dont le monde des affaires et les médias, « s'en soucient ».
Après deux ans et demi à son poste, M. Gitenstein a dressé un bilan positif des relations transatlantiques, citant un « membre très haut placé de la Commission européenne » pour qui les relations transatlantiques n’ont « jamais été aussi bonnes ».
L’ambassadeur a ainsi mis en avant trois domaines de « succès » ou de progrès. Il y a tout d’abord le soutien à l’Ukraine, y compris la réduction de la dépendance de l’UE au gaz russe, grâce au LNG américain.
De plus, « nous avons fait d'énormes progrès en adoptant une approche commune sur la République populaire de Chine, sur le climat ».
Et « nous sommes parvenus à un consensus conceptuel des deux côtés de l'Atlantique sur l'importance d'utiliser la politique industrielle pour mettre en œuvre un programme de lutte contre le changement climatique », a expliqué M. Gitenstein, malgré les réticences des Européens à l'Inflation reduction act américain.
Enfin, selon l'ambassadeur, les partenaires transatlantiques ont réussi à trouver un consensus sur une approche envers Gaza et Israël. « Cela a culminé lorsque (Joe) Biden a proposé l'été dernier sa solution à l'échange d'otages », soutenue à l'époque par les dirigeants européens.
Défendre les médias indépendants. M. Gitenstein, qui compte désormais travailler sur l’indépendance, la liberté et le pluralisme des médias – un de ses chevaux de bataille depuis des années –, a estimé que, des deux côtés de l’Atlantique, il y avait un échec du marché des médias.
« Le modèle économique est brisé. Cela est en partie dû aux grandes plateformes de médias sociaux, qui ont pris une grande partie des revenus » des médias, a-t-il expliqué, précisant que la seule solution à long terme était l'émergence de « nouveaux modèles commerciaux et des investissements en actions ».
« Nous ne sauverons pas grand-chose des médias sans de nouvelles politiques concernant les facteurs d’atténuation des risques qui rendent l’investissement dans le journalisme émergent sûr », a souligné l'ambassadeur. (Camille-Cerise Gessant)