L'Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) et la Commission européenne ont présenté, mardi 14 janvier, la quatrième édition du rapport environnemental de l'aviation européenne. Il s'agit d'un examen complet des performances environnementales du secteur de l'aviation et des progrès réalisés depuis l'édition précédente de 2022. Le rapport propose des recommandations pour réduire l'impact de l'aviation sur le changement climatique, le bruit et la qualité de l'air.
Il recommande de se concentrer sur des mesures telles que l'augmentation de l'utilisation de carburants aéronautiques durables, l'optimisation de la gestion du trafic aérien et l'adoption de technologies plus économes en carburant. La mise en œuvre de ces mesures permettrait de réduire les émissions d'au moins deux tiers d'ici 2050 par rapport à un scénario de statu quo. Toutefois, le trafic aérien devrait augmenter et atteindre 11,8 millions de vols annuels d'ici là.
Concernant les émissions de CO2, l'objectif est de dissocier la croissance du secteur et de ses activités de ses émissions, essentiellement par trois moyens principaux. Premièrement, il y a l’augmentation de la part des carburants durables, avec la mise en place du règlement ‘Refuel Aviation’ relatif au déploiement des carburants alternatifs dans l’aviation (SAF), entré en vigueur le 1er janvier, qui exige qu'une quantité croissante de carburants durables soit mélangée au kérosène (EUROPE 13548/24). Deuxièmement, il s’agit de renouveler la flotte aérienne grâce au programme ‘Clean Aviation Joint Undertaking’ de recherche et d'innovation de l'UE visant à transformer l'aviation en un secteur durable et neutre du point de vue climatique. Troisièmement, l’EASA et la Commission souhaitent améliorer l'efficacité des opérations de navigation aérienne, ce qui peut encore réduire les émissions effectives de 10%.
Pour les émissions hors CO2, l'EASA et la Commission recommandent de renforcer la cohésion de la recherche sur l'effet des émissions de l'aviation sur le climat. L'objectif est d'améliorer la compréhension scientifique et de développer des outils d’aide à la décision qui tiennent compte des incertitudes et permettent une évaluation fondée sur les risques. Le but serait de garantir que les mesures préventives conduisent à une réduction nette de l'impact sur le climat des émissions CO2 et hors CO2.
Par ailleurs, 1% de la population européenne est affectée par le bruit des avions. Cela constitue un problème important, en particulier dans certains des principaux centres urbains. Le rapport fait état des discussions en cours, notamment aux Pays-Bas, pour mettre en place des mesures visant à réduire l'exposition au bruit. Il faut donc envisager d'apporter des améliorations au règlement européen sur l'approche équilibrée de la gestion du bruit autour des aéroports afin de faciliter une mise en œuvre cohérente entre les États membres, d'accélérer la mise en conformité et de garantir que les restrictions opérationnelles ne soient appliquées qu'après avoir considéré les autres éléments de l’approche équilibrée.
Enfin, pour l'amélioration de la qualité de l’air, l’EASA et la Commission recommandent d'identifier les moyens d’optimiser la composition des carburants, fossiles et durables grâce à une modification des normes des carburants, par exemple, afin de minimiser les impacts.
Lire le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/f1f (Anne Damiani)