Le nouveau président du 'Parti des conservateurs et réformistes européens' (CRE) (voir autre nouvelle), le Polonais Mateusz Morawiecki, a salué, mardi 14 janvier, les récentes déclarations et décisions des dirigeants des groupes Meta, Mark Zuckerberg, et X, Elon Musk.
« Nous avons besoin d'une véritable liberté d'expression », a-t-il déclaré. Estimant qu'en Pologne, 90% des médias sont désormais contrôlés par le gouvernement 'gaucho-libéral' de Donald Tusk, il s'est dit « très heureux » qu'il existe des plateformes numériques ne limitant pas leur accès et permettant aux dirigeants politiques d'exprimer leurs opinions.
L'ancien Premier ministre polonais a également prôné une relation transatlantique forte sous la présidence 'Trump II'. Une délégation des conservateurs européens se rendra d'ailleurs à Washington pour l'investiture de Donald Trump, lundi prochain.
Au Parlement européen, où un débat spécifique aura lieu la semaine prochaine à Strasbourg, les positions des groupes politiques sont très fragmentées sur l'attitude à adopter vis-à-vis des attaques de dirigeants américains de plateformes contre le règlement 'DSA' encadrant les services numériques dans l'Union européenne (EUROPE 13556/7).
Aux antipodes de la position des conservateurs et de l'extrême droite, ces derniers ayant souhaité octroyer à M. Musk le Prix Sakharov 2024 pour la liberté de pensée, les chrétiens-démocrates, les libéraux et les groupes progressistes mettent d'abord en avant le respect des règles européennes, qui, selon eux, ne limitent en rien la liberté d'expression.
Au sein du PPE, on estime que les Européens vont bientôt être confrontés à un moment de vérité et devront agir pour défendre - ni plus ni moins - leur mode de vie. Les chrétiens-démocrates disent qu'ils n'ont rien contre les opinions des entrepreneurs des plateformes numériques, mais qu'ils refusent de vivre dans un monde où des oligarques des nouvelles technologies dicteraient les règles du jeu.
Mardi, devant la presse, la présidente du groupe Renew Europe, la Française Valérie Hayer, a estimé qu'il était de la responsabilité de la Commission européenne d’appliquer le règlement 'DSA'. « Il faut faire respecter notre droit et, en aucun cas, se laisser marcher sur les pieds », a-t-elle déclaré. Et d'appeler de ses vœux un échange entre les eurodéputés et MM. Zuckerberg, Musk, ainsi que le dirigeant de TikTok.
La semaine dernière, plusieurs sociaux-démocrates allemands avaient préconisé la fermeté de l'UE en matière de respect de l'encadrement des plateformes numériques et réclamé l'initiative 'Euro Stack Act' pour renforcer l'indépendance technologique de l'UE (EUROPE 13554/3). (Mathieu Bion avec Solenn Paulic et Florent Servia)