Plusieurs élus du groupe Verts/ALE du Parlement européen ont déploré, mardi 22 octobre à Strasbourg, le fait que les écologistes ne sont plus écoutés par la présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qu’ils avaient pourtant contribué à faire réélire (EUROPE 13456/1).
Ces écologistes ont aussi critiqué les changements de position de la présidente élue sur plusieurs questions, notamment la migration, et son recul sur les gages donnés au groupe avant l’élection au Parlement européen.
Sur la migration, la présidente de la Commission, qui a repris à son compte dans sa lettre du 16 octobre certaines ‘solutions innovantes’ sur la migration, telles que les ‘hubs de retours’, se montre ainsi « en roue libre », a commenté la Belge Saskia Bricmont. Elle va en outre « à l’encontre de ce qu’elle nous a promis » lors de la rencontre avec notre groupe, alors qu'elle avait assuré ne « pas vouloir aller plus loin » sur la migration, notamment par rapport au ‘Pacte Asile et migration’ ou vouloir « faire attention à l’État de droit ».
« C’est une course sans fin après l’extrême-droite ! », a ajouté le Français Mounir Satouri, assurant que le groupe « ne se sent pas écouté par Ursula von der Leyen ». « Elle donne tous les signaux (selon lesquels) elle n’a pas besoin de nous », a repris l’élue belge.
Les délégations française et belge du groupe écologiste ont voté contre la réélection de la chrétienne-démocrate allemande à la tête de la Commission.
Mais, pour ces élus, les Verts/ALE ne sont pas les seuls à avoir été bernés. Tel est le cas du groupe Renew Europe sur la migration, selon eux. Lundi 21 octobre, les groupes de droite et d'extrême droite ont rejeté la tenue de débats demandés par les Verts/ALE et Renew Europe sur le 'Pacte asile et migration' et le dispositif italo-albanais controversé.
L'Allemande Terry Reintke a également noté une tendance inquiétante : de plus en plus de décisions prises au gré d'une alliance du PPE avec l'extrême droite, « comme sur le calendrier des auditions ». « On le voit sur de plus en plus de sujets », a-t-elle indiqué, citant notamment le cas d'une récente résolution du PE sur le Venezuela (EUROPE 13486/8).
« C'est une rupture avec notre façon de fonctionner jusqu'ici, la coopération sur la base des formations pro- européennes et démocratiques. C'est inquiétant pour les années à venir, », a commenté la coprésidente du groupe Verts/ALE. (Solenn Paulic)