Le Parlement européen reconnaît l'opposant politique vénézuélien exilé en Espagne, Edmundo González Urrutia, comme « le président légitime, élu démocratiquement du Venezuela », en adoptant, jeudi 19 septembre, une résolution portée initialement par les groupes PPE, CRE et Patriotes pour l'Europe (309 voix pour, 201 contre, 12 abstentions) (EUROPE 13485/4).
En revanche, les eurodéputés ont rejeté le paragraphe invitant l’Union européenne et ses États membres à reconnaître M. González comme tel (274 voix pour, 311 contre, 23 absentations).
Le PE qualifie de « fraude électorale » la réélection de Nicolás Maduro, exige la libération de toutes les personnes détenues de façon arbitraire et réclame de nouvelles sanctions européennes visant directement le président vénézuélien.
A par ailleurs été adopté un amendement du groupe Renew Europe remplaçant le texte original favorable à l’émission d’un mandat d’arrêt international de la Cour pénale internationale (CPI) visant M. Maduro pour crimes contre l’humanité. Selon l'amendement adopté, le Parlement invite la CPI à inclure les violations continues des droits de l’homme et les détentions arbitraires dans ses enquêtes sur les crimes présumés contre l’humanité commis par le régime Maduro et à demander des comptes aux responsables.
Le groupe Renew Europe et les socialistes français ont refusé de participer au vote final de la résolution en signe de protestation contre la coopération de la droite, les conservateurs et l'extrême droite. « Notre groupe soutient pleinement le chef de l'opposition vénézuélienne, mais n'acceptera pas d'accords politiques avec les soi-disant 'patriotes'. L'avenir de l'UE doit se construire au centre de l'échiquier politique », a indiqué sa présidente, la Française Valérie Hayer, dans un communiqué. « Aucun groupe démocratique et pro-européen ne doit, en aucune circonstance, travailler main dans la main avec l'extrême droite poutiniste et autoritaire au sein du PE », ont appuyé Raphaël Glucksmann et Nora Mebarek.
Voir la résolution du PE : https://aeur.eu/f/dhi (Mathieu Bion)