Les eurodéputés ont débattu en séance plénière, jeudi 19 septembre, de la possible extradition de Paul Watson, militant écologiste canadien et fondateur de l’organisation Sea Shepherd. Arrêté au Groenland en juillet dernier, il est actuellement détenu au Danemark, qui examine la demande d’extradition formulée par le Japon, qui le poursuit pour des actions menées en 2012 contre la chasse illégale à la baleine.
La commissaire européenne à la Santé et à la Sécurité alimentaire, Stella Kyriakides, a ouvert les discussions en rappelant le rôle essentiel des défenseurs du droit de l'environnement pour « garantir l'État de droit environnemental ».
Si elle a évoqué l’« EU Human Rights Defenders Mechanism », qui a déjà aidé plus de 60 000 militants, ainsi que la directive 2019/1937 (EUROPE 12212/11), la commissaire a toutefois reconnu que des « améliorations sont encore nécessaires », notamment pour renforcer la protection des lanceurs d'alerte contre les représailles et améliorer les sanctions à l'égard de ceux qui cherchent à les intimider.
Bien que Mme Kyriakides n'ait pas formulé de critique spécifique envers le Danemark, elle a rappelé aux États membres leur responsabilité en tant que parties prenantes de la Convention d'Aarhus, notamment par la mise en œuvre de deux récentes avancées législatives - la directive 'anti-SLAPPs' (EUROPE 13304/5) et celle relative à la protection de l'environnement par le droit pénal (EUROPE 13413/34) - pour lutter contre les poursuites abusives.
La majorité des eurodéputés ont exprimé leurs préoccupations. « Nous parlons de la détention, dans un État membre de l'Union européenne, d'un militant écologiste pour des actions liées à la dénonciation de crimes qui sont illégaux en vertu du droit international », s'est indignée Leire Pajín (S&D, espagnole).
Yvan Verougstraete (Renew Europe, belge) a appelé l’UE à protéger le militant, qui risque jusqu’à 15 ans de prison au Japon. Marie Toussaint (Verts/ALE, française) a martelé que ce pays « viol(ait) le droit international » et a exhorté l’UE à agir pour les défenseurs de l'environnement.
Du côté de l'extrême droite, les discours divergeaient. Virginie Joron (PfE, française) a souligné que ce cas posait une difficulté juridique, car « le Japon, ayant quitté le moratoire international sur la chasse à la baleine, agit dans un cadre légal différent », tout en critiquant la disproportion des poursuites. Siegbert Droese (ENS, allemand), pour sa part, a qualifié M. Watson de « terroriste écologique » et a réclamé son extradition immédiate. (Nithya Paquiry)