login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13486
Sommaire Publication complète Par article 14 / 34
PRÉSENTATION DE LA COMMISSION 'VON DER LEYEN II' / Budget

Désigné commissaire européen au Budget, à la Lutte contre la fraude et à l'Administration publique, Piotr Serafin aura l'investissement comme objectif

Le Polonais Piotr Serafin (PPE) est pressenti pour le poste de commissaire européen au Budget, à la Lutte contre la fraude et à l’Administration publique.

Sous-secrétaire d’État à l’intégration européenne à la fin des années 2000, puis secrétaire d'État au ministère des Affaires étrangères, M. Serafin a ensuite été chef de cabinet de Donald Tusk, quand il était président du Conseil européen (2014-2019). Il était ambassadeur de Pologne auprès de l'UE depuis décembre 2023. 

Sa mission première sera d’œuvrer à la mise en place du prochain cadre financier pluriannuel (2028-2034), alors qu’Ursula von der Leyen imagine une Commission européenne « de l’investissement » pour ce nouveau mandat.

Les priorités de Piotr Serafin : garantir la compétitivité et le respect de l'État de droit 

Compétitivité. Le nouveau cadre financier pluriannuel (CFP) devra être l’occasion de « passer d’un budget européen basé sur des programmes à un budget basé sur des politiques » à la demande de la présidente de la Commission européenne.

La compétitivité étant le maître-mot du second mandat d’Ursula von der Leyen, Piotr Serafin aura la charge d’établir un 'Fonds européen pour la compétitivité', dont l’objectif sera de développer la capacité d’investissement de l’UE. 

Ressources propres. Si la Commission européenne veut investir, il faudra trouver des fonds pour cela. Il reviendra ainsi à Piotr Serafin d’œuvrer à l’introduction de nouvelles ressources propres et de « moderniser » le système de recettes de l’UE.

Revoir la lutte contre la corruption. Dans la lutte antifraude, le Polonais va devoir réexaminer « l’architecture globale de lutte contre la fraude liée aux intérêts financiers de l’UE ». Pour ce faire, la présidente de la Commission européenne lui demande de s’appuyer sur les travaux d’Europol et du Parquet européen et de suivre les enquêtes administratives sur les irrégularités, menées par l’Agence européenne de lutte antifraude. 

État de droit. Alors que la dernière mandature a vu le blocage de fonds de l'UE alloués à la Hongrie à cause d'un recul de l'État de droit dans ce pays et que la question se pose actuellement pour la Slovaquie (EUROPE 13478/16), M. Serafin devra être l'un des garants du respect de l'État de droit, en coordination avec Michael McGrath, commissaire désigné à la Démocratie, la Justice et l'État de droit, dans cette nouvelle Commission, qui se veut 'horizontale et holistique'. M. Serafin devra précisément veiller « à ce que le respect de l'État de droit reste un impératif pour les fonds de l'UE ».

De l'espoir et des questions : les eurodéputés attendent l'audition du futur commissaire 

Jugée « creuse » par le coordinateur du budget pour le S&D, Jean-Marc Germain, la lettre de mission est « une déception ». Rapporteur pour les Verts/ALE, l'Allemand Rasmus Andresen abonde : « Il va falloir examiner de plus près » ces annonces.

De quoi espérer ? Sur les ressources propres, par exemple, M. Germain assure que M. Serafin « devra préciser cette partie, qui sera au centre de son audition », quand M. Andresen espère « une proposition audacieuse » qui devrait mélanger « ressources propres vertes et ressources générées par la taxation de la spéculation financière ou des profits excessifs ».

Même chose pour la compétitivité, qui est soutenue par les eurodéputés, tant qu'elle n'occasionne pas de coupes sur le social et l'environnemental, deux thématiques chères aux Verts/ALE et aux sociaux-démocrates. « Mais il est rassurant de voir que la lettre de mission de Teresa Ribera dit cela », la nouvelle commissaire désignée à une Transition juste, propre et compétitive ayant la charge d'« orienter [les] investissements [de l'UE] vers une transition juste et sociale par le biais du Fonds social pour le climat et du Fonds pour la transition juste ».

Mais les financements accordés par le biais du futur 'Fonds européen pour la compétitivité' ne devront pas pour autant bénéficier « à de grandes entreprises sans aucune forme de conditionnalité écologique ou sociale », prévient Rasmus Andresen. 

Quid du remboursement de la dette ? Alors que la dette liée au Plan de relance Next Generation EU (NGEU) et aux intérêts de l'emprunt qu'il a entraîné n'est pas mentionnée dans la lettre de mission, Jean-Marc Germain prévient que le S&D attend du commissaire au Budget « une proposition qui puisse non seulement couvrir les coûts annuels du NGEU de 30 milliards d'euros, mais aussi offrir de plus grandes opportunités d'investissement ». 

Quels seront les « financements nationaux, privés et institutionnels » mobilisés pour cela ? Les eurodéputés attendront des réponses dès leur audition de Piotr Serafin.

Contacté par Agence Europe, Younous Omarjee (La Gauche, français) a préféré ne pas commenter cette lettre de mission avant l'audition de M. Serafin. Ses homologues coordinateurs au budget pour le PPE, Karlo Ressler (croate), et pour Renew Europe, Lucia Yar (slovaque), n'ont respectivement pas pu répondre à nos questions à temps ou nous ont laissés sans réponse.

Voir la lettre de mission Piotr Serafin : https://aeur.eu/f/dho (Florent Servia)

Sommaire

Invasion Russe de l'Ukraine
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
PRÉSENTATION DE LA COMMISSION 'VON DER LEYEN II'
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES