Le débat au Parlement européen à propos de la position du Conseil de l’Union européenne sur la proposition de budget 2025, mercredi 18 septembre, a été conforme aux dernières déclarations en commission 'Budgets' : les coupes proposées par le Conseil sont jugées trop importantes (EUROPE 13475/16).
Le secrétaire d’État hongrois aux Finances, Péter Benő Banai, a précisé que le « Conseil a pris en compte les pressions liées à la guerre d’agression contre l’Ukraine et les autres crises telles que les migrations, les problèmes de gestion des frontières, l’aide humanitaire et la défense ». Ainsi, un renforcement des dotations a été prévu pour les rubriques 4 (migration et gestion des frontières), 5 (sécurité et défense) et 6 (voisinage et le monde).
Des coupes injustifiées. Cependant, « les coupes proposées (...) vont au-delà de l’accord auquel nous sommes parvenus lors de la révision à mi-parcours du CFP et ne nous paraissent ni nécessaires ni justifiées », a tranché Johannes Hahn. Le commissaire européen au Budget ajoute que les coupes à la rubrique 1, 'marché unique, innovation et numérique' vont même à l’encontre de la consolidation de la compétitivité de l’UE, qui a été érigée en objectif stratégique pour le deuxième mandat d’Ursula von der Leyen.
Plus d’investissement. En l’état, « la proposition du Conseil ne peut pas être acceptée », a assuré à son tour l’eurodéputé Victor Negrescu (S&D, roumain), notamment parce que les coupes « vont au-delà de ce qui était prévu dans la révision du CFP ». Or, le député a assuré que son rôle est de « faire en sorte que les priorités qui ont fait l’objet d’un accord soient respectées ».
Rapporteur sur le budget 2025, le Roumain demande à la Commission d'être « claire sur les répercussions de ces mesures » alors qu’il voit plutôt le budget comme un moyen « d’améliorer le quotidien des citoyens » de l’UE « en ces temps difficiles ».
Il n'est de toute façon pas possible, selon président de la commission 'Budgets' du Parlement, Johan Van Overtveldt, de « faire l’impasse sur le rapport 'Draghi', qui indique [que] la voie à suivre pour renforcer notre compétitivité » est d'investir 800 milliards d'euros.
En conclusion, Péter Benő Banai a précisé qu'avec « la conjoncture économique », il faudra « admettre que tout ne peut pas être une priorité ».
Le Parlement doit maintenant adopter sa position, qu'elle négociera avec le Conseil de l’UE et la Commission. (Florent Servia)