Les députés du Parlement européen ont débattu, mardi 22 octobre, de l'urgence d'un cessez-le-feu au Liban et de la protection de la mission de l'ONU dans le sud du pays, à la suite des récentes attaques de l'armée israélienne contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) (EUROPE 13508/2). Alors que le conflit à Gaza a déjà fait près de 42 000 morts, 2 500 personnes ont perdu la vie au Liban.
Le commissaire européen à la Gestion des crises, Janez Lenarčič, a souligné l’importance du « rôle stabilisateur » de la Finul, qu'il a jugé « essentiel tant pour le Liban que pour Israël », en particulier en vue d’un cessez-le-feu.
L'eurodéputé Nicolás Pascual de la Parte (PPE, espagnol) a insisté sur la nécessité de renforcer les efforts diplomatiques de l’UE. « Il faut exiger le désarmement et la dissolution du Hezbollah », a-t-il affirmé, appelant également à garantir la sécurité du personnel de l’ONU.
« Les Casques bleus ne peuvent pas être pris pour cibles et le Secrétaire général des Nations Unies ne peut être traité ainsi », a déclaré Ioannis Maniatis (S&D, grecque), alors qu'António Guterres a été déclaré « persona non grata » en Israël début octobre.
Le chef de file du groupe Patriotes pour l'Europe, Jordan Bardella (français), a estimé que la paix dans la région « ne pourra se faire que lorsque le Liban aura retrouvé la pleine souveraineté sur son territoire, débarrassé de la mainmise islamiste ».
Plusieurs eurodéputés, du centre à l'extrême gauche de l'hémicycle, ont dénoncé une responsabilité de l'UE dans le conflit en cours.
« L'UE est en train de soutenir un génocide. Si l’Europe arrêtait les transferts d’armes et rompait l’accord d’association, les résultats seraient différents et il n’y aurait pas autant de morts causés par Israël », a notamment déclaré Irene Montero (La Gauche, espagnole).
« Nous devons cesser de soutenir Israël, de lui fournir des armes et de conclure des accords commerciaux. Ce n'est qu'à ce moment-là que nous aurons un cessez-le-feu », a renchéri Irena Joveva (Renew Europe, slovène). Et Mounir Satouri (français), pour les Verts/ALE, d’ajouter : « Nous, Européens, ne pouvons rester les bras croisés face à l’embrasement régional ».
M. Lenarčič a souligné que toute coopération militaire entre des États membres de l'UE et des pays tiers, dont Israël, ne relevait pas des compétences de l'UE. (Bernard Denuit)