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Bulletin Quotidien Europe N° 13503
ACTION EXTÉRIEURE / Proche-orient

Une nouvelle fois, les Européens appellent à un cessez-le-feu à Gaza et au Liban

Le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, lundi 14 octobre, à un cessez-le-feu durable à Gaza et au Liban, alors que la réplique israélienne à l’attaque iranienne se fait attendre.

« Depuis le début, nous avons condamné les attaques du Hamas, du Hezbollah, de l'Iran, et il fallait le faire, mais il faut être lucide sur ce que font les dirigeants israéliens et sur ce qui semble être une détermination totale à poursuivre leur objectif militaire au coût élevé », a souligné M. Borrell. Il a estimé qu'une nouvelle ligne rouge avait été dépassée avec les tentatives d'intimidation des forces de défense israéliennes (FDI) contre la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL).

Une déclaration du Haut Représentant au nom de l’UE, en discussion depuis plusieurs jours, a finalement fait consensus, dimanche 13 et lundi 14 octobre, lors du Conseil à Luxembourg, de nombreux ministres des Affaires étrangères ayant dénoncé ces attaques. 16 États membres de l’UE ont des troupes ou du personnel au sein de la FINUL.

« De telles attaques contre les soldats de la paix de l'ONU constituent une grave violation du droit international et sont totalement inacceptables. Ces attaques doivent cesser immédiatement », a souligné le Haut Représentant dans la déclaration commune. Il a exhorté toutes les parties à respecter pleinement leurs obligations de garantir la sécurité du personnel de la FINUL à tout moment et de permettre à la FINUL de continuer à mettre en œuvre son mandat.

À son arrivée au Conseil, le ministre autrichien, Alexander Schallenberg, a appelé au respect du mandat de la FINUL, mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies. « Ce n’est pas à un État ou à une organisation terroriste (le Hezbollah) d’essayer de changer cela », a-t-il prévenu.

« Nous attendons de toute urgence des explications et une enquête approfondie de la part des autorités israéliennes sur les attaques contre la FINUL, qui joue un rôle fondamental dans la stabilité du Sud-Liban », a souligné M. Borrell dans sa déclaration. Selon les Israéliens, les tirs sont accidentels.

Plus largement, les États membres se disent profondément préoccupés par les tirs continus de roquettes du Hezbollah sur Israël, « qui doivent cesser », et par les frappes de l’armée israélienne dans des zones densément peuplées du Liban. « Les Libanais ne sont pas responsables des bombardements du Hezbollah. Si 70 000 Israéliens, qui ont dû quitter leur logement, doivent y retourner, 1,2 million de Libanais (du Sud Liban) ont les mêmes droits, mais ils n'auront aucun endroit où aller, car tout est détruit », a dénoncé M. Borrell.

Toutes les parties doivent s’engager et œuvrer à la pleine mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, selon les Vingt-sept. « Le recours à la force doit désormais céder la place au dialogue, à la négociation et à la diplomatie », a exhorté le ministre français, Jean-Noël Barrot.

Aide humanitaire. Les ministres européens des Affaires étrangères sont revenus sur la situation humanitaire dans les territoires palestiniens et au Liban.

Le Haut Représentant a évoqué l'urgence humanitaire dans le camp de réfugiés de Jabaliya, à Gaza. La ville, située dans le nord de la bande de Gaza, avait été la cible de frappes israéliennes vendredi 11 octobre, entraînant la mort de 30 personnes. « 400 000 personnes sont à nouveau sommées de quitter le Nord pour se rendre au Sud. [Elles vont] du Sud au Nord, puis du Nord au Sud. Ces personnes sont épuisées », a déploré M. Borrell. Et d’ajouter : « Le niveau d'aide humanitaire - mesuré par le nombre de camions entrant à Gaza - est au plus bas depuis le début de la guerre. La famine est utilisée comme une arme de guerre ».

Les ministres ont également réaffirmé leur soutien à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). « Les ministres ont demandé à la Commission européenne de décaisser le dernier paiement à l’UNRWA immédiatement, dans les prochains jours »a indiqué le Haut Représentant.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares Bueno, a notamment défendu l'agence onusienne, la qualifiant d'« indispensable pour l'alimentation et l'éducation de 6 millions de Palestiniens », face aux tentatives de « salir sa réputation alors qu'elle mène une mission humanitaire absolument essentielle ».

L'UNRWA fait face à une menace de cessation de ses opérations en raison d'un projet de loi israélien en discussion à la Knesset.

Samedi 12 octobre, l’UE avait déjà fait part de sa préoccupation. « L'UE demande instamment aux autorités israéliennes de veiller à ce que l'UNRWA soit autorisé à poursuivre son travail crucial conformément au mandat qui lui a été confié par l'Assemblée générale des Nations Unies. L'UNRWA fournit des services essentiels à des millions de personnes à Gaza, en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, et dans toute la région, y compris au Liban, en Syrie et en Jordanie, et constitue un pilier de la stabilité régionale », indiquait un communiqué du Service européen pour l’Action extérieure.

Par ailleurs, les ministres sont revenus sur l’aide humanitaire à fournir à la population libanaise. « Il faut évidemment aller plus loin », a plaidé le ministre pour l'Europe et les Affaires étrangères de la France, Jean-Noël Barrot, face à la presse, dont Agence Europe, évoquant son récent déplacement sur place. 

La France organisera, jeudi 24 octobre, une conférence internationale sur le Liban qui aura pour objectif de mobiliser la communauté internationale afin de répondre aux besoins de protection et de secours d'urgence de la population libanaise.

Discussion sur le respect par Israël du droit humanitaire international

Le Haut Représentant a également annoncé une discussion, lors du Conseil 'Affaires étrangères' de novembre - son dernier-, sur le respect par Israël du droit humanitaire international, conformément à l'accord d'association UE/Israël. En février, les dirigeants irlandais et espagnol avaient demandé à la Commission européenne de vérifier si Israël respectait les droits de l’homme à Gaza, une demande toujours sans réponse (EUROPE 13350/1).

L'UE et Israël n'arrivant pas à se mettre d'accord sur un agenda pour un Conseil d'association, M. Borrell a donc proposé que « le Conseil prenne ses responsabilités et essaie de donner sa réponse, d’évaluer et de discuter ». « Il n’est pas nécessaire d’attendre la décision de la Commission européenne, car c’est une question politique », a justifié M. Borrell. (Camille-Cerise Gessant et Bernard Denuit)

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