Les eurodéputés ont rejeté, mercredi 18 septembre, en session plénière, deux décisions de la Commission européenne visant à autoriser des niveaux de résidus de plusieurs pesticides dans les aliments importés (EUROPE 13481/8).
Leur opposition tenait à la nécessité de protéger les citoyens de l’UE contre les résidus de pesticides dans les produits importés et de garantir des conditions de concurrence équitables aux agriculteurs de l’UE, pour qui le recours à ces pesticides est déjà interdit.
Le réseau d'ONG PAN Europe, qui a remercié dans un communiqué les eurodéputés « d'avoir tenu bon », précise que les pesticides concernés ont des « effets nocifs avérés sur la santé humaine, notamment leur cancérogénicité, leur toxicité pour la reproduction et leurs effets perturbateurs sur le système endocrinien ».
Le vote au Parlement est « un échec et un désaveu » de la Commission, a déclaré Christophe Clergeau (S&D, français) à Agence Europe. Selon lui, la Commission doit en finir avec « son dogmatisme libéral et libre-échangiste » qui n’avait ici d’autre but que de « favoriser le commerce international ».
522 eurodéputés ont voté en faveur de l’objection sur le cyproconazole et le spirodiclofen et 516 sur celle à propos du bénomyl, du carbendazime et du thiophanate-méthyl.
« Il fallait voir la tête éberluée de Manfred Weber : seuls les députés du PPE sont passés de l’abstention au vote négatif, après un intense lobbying de la Commission », note Christophe Clergeau.
Le Français explique ce vote massif, appuyé par les députés de Renew Europe, par « la forte attente sur les clauses miroirs ». S'il concède qu'il ne faut pas exagérer le résultat de ce vote, le socialiste a ajouté qu'il démontre tout de même que « des rapports de force surprenants » pourront se dessiner dans les votes au Parlement sur le commerce international ou sur la défense de la petite agriculture.
La Commission va maintenant devoir retirer ses propositions. Les députés demandent d'ores et déjà de refuser toute demande de tolérances à l'importation et attendent de la Commission européenne d'abaisser toutes les teneurs maximales en résidus « à la limite de détermination (la plus petite quantité à laquelle elle peut être détectée) ». (Florent Servia)