Le centre de réflexion (‘think tank’) Bruegel a fait part, mercredi 4 septembre, d’une série de recommandations pour la prochaine Commission européenne, concernant notamment la compétitivité de l’UE (EUROPE 13475/3). Dans ce mémo à l’intention des décideurs de l’UE, un volet spécifique est consacré à la direction que la politique énergétique, climatique et environnementale de l’UE devrait prendre ces cinq prochaines années.
Énergie. Les chercheurs de Bruegel invitent ainsi le prochain commissaire européen à l’Énergie à coordonner et encourager les investissements liés à l’électrification massive de l’Europe d’ici 2040. Selon Bruegel, l’UE devra consacrer 3% de son PIB annuel aux investissements liés à l’énergie (hors transport), contre 1,7% sur la période 2011-2020.
Les chercheurs appellent aussi à la mise en place d'un fonds spécifique pour le développement des réseaux électriques de l’UE (EUROPE 13475/5) et au lancement d'une stratégie coordonnée de l’UE pour gérer le reste des échanges commerciaux sur le plan énergétique avec la Russie.
Le mémo invite ensuite à bâtir les fondations d’une architecture politique ‘Fit for 90’, comprenant des propositions législatives pour atteindre une réduction de 90% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2040 par rapport à 1990 (EUROPE 13433/6) et à créer une Agence européenne pour l’Énergie.
De façon similaire à l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), cette Agence européenne aurait pour mission de fournir des données ciblées aux décideurs politiques et aux investisseurs pour faciliter les négociations et assurer un processus d'élaboration des politiques plus transparent.
Climat. Sur le plan climatique, malgré des objectifs ambitieux pour 2030 et 2050, le mémo dénonce une transition vers une économie verte qui progresserait trop lentement, notamment dans les secteurs des transports, du bâtiment et de l'agriculture.
Aussi, le document note la nécessité d’accélérer les efforts tout en prenant en compte les impacts sociaux, avec la mise en place d’un 'contrat social vert'. Il propose également de nouvelles mesures d'adaptation face aux catastrophes climatiques de plus en plus fréquentes.
Sur la scène internationale, les chercheurs recommandent un renforcement de la diplomatie climatique et une augmentation des financements destinés aux pays émergents. Ces initiatives doivent permettre à l’UE de maintenir sa compétitivité industrielle tout en assumant son rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique.
En outre, le mémo invite à créer des liens plus étroits entre l'environnement et les principaux objectifs économiques de l'UE, en faisant la promotion de mesures en faveur de la préservation de la biodiversité, de la réduction de la pollution ou encore de la gestion de l’eau. (Nithya Paquiry et Pauline Denys)