Les ministres européens de l’Environnement et de l'Action pour le climat, réunis en Conseil à Luxembourg lundi 17 juin, ont tenu un débat d’orientation sur l’objectif climatique pour 2040. Cette réunion fait suite à la communication de la Commission européenne du 6 février (EUROPE 13344/1), qui propose une réduction de 90% des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2040 par rapport à 1990.
L'objectif vise à limiter les pertes économiques et les décès dus aux événements climatiques extrêmes, tout en nécessitant des investissements massifs dans les technologies propres. Il s’agit du deuxième échange, ce sujet ayant déjà fait l’objet d’une discussion lors du Conseil ‘Environnement’ de mars (EUROPE 13378/4).
Au cours du débat, diverses préoccupations communes aux États membres se sont dessinées : la compétitivité, la transition juste, le cadre législatif et financier, la technologie et l'innovation, les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique ainsi que la simplification du cadre réglementaire.
Les ministres ont largement souligné l'importance de garantir que la transition vers la neutralité carbone n'entrave pas la compétitivité de l'industrie européenne et qu'elle soit réalisée de manière équitable pour tous les citoyens, en particulier les plus vulnérables. Le ministre finlandais, Kai Mykkänen, a exprimé le besoin urgent de clore le dossier climatique 2040 afin de fournir des indications claires à l'industrie pour les investissements nécessaires à la transition verte.
Il a insisté sur la mise en place d'un cadre législatif relatif aux réductions d'émissions les plus rentables et la nécessité d'inclure toutes les sources d'énergie sans carbone.
Son homologue néerlandais, Mark Harbers, a soutenu l'objectif de réduction des émissions de 90% d'ici 2040, affirmant que cela fournirait une stabilité nécessaire aux entreprises et renforcerait la compétitivité de l'UE. Il est, à son sens, primordial de simplifier les procédures de permis et de résoudre les goulets d'étranglement dans la chaîne d'approvisionnement.
L'importance des financements publics et privés pour soutenir les investissements nécessaires à la transition verte a également été défendue.
Le secrétaire général du ministère grec de l'Environnement et de l'Énergie, responsable de l'Environnement naturel et des Eaux, Petros Varelidis, a soutenu l’idée d’une compétitivité renforcée de l'UE en développant des secteurs industriels forts et des technologies à faible émission de carbone, insistant sur une transition juste qui n'abandonne personne, par le biais, notamment, de l'emploi et de la formation.
Romina Pourmokhtari, la ministre suédoise, a affirmé le soutien de son pays à un objectif de 2040 qui soit économiquement efficace et basé sur les meilleures connaissances scientifiques disponibles. La technologie et l'innovation ont été reconnues comme des éléments fondamentaux pour atteindre les objectifs climatiques. Le ministre luxembourgeois, Serge Wilmes, a confirmé son soutien à l'objectif de réduction de 90% pour 2040. Il a appelé à développer et déployer des technologies à faible émission de carbone, y compris les technologies de capture et de stockage du carbone.
La simplification des procédures administratives et des réglementations a été identifiée comme un facteur clé pour faciliter la transition verte et encourager les investissements. La nécessité de réduire la complexité réglementaire et d'améliorer la prévisibilité pour les entreprises a ainsi été défendue par le ministre lituanien, Simonas Gentvilas.
Pour la ministre hongroise, Anikó Raisz, la neutralité technologique et l'adoption de mesures basées sur la réalité économique des entreprises sont essentielles pour attirer des investissements étrangers directs et assurer une transition juste et efficace.
À l’issue du tour de table, le commissaire européen chargé de l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, a fait part de sa satisfaction face au travail accompli à tous les niveaux et a exprimé sa gratitude pour la direction exemplaire de la Présidence belge. Il a rappelé la nécessité de renforcer la résilience climatique de l'Union européenne et de maintenir des conditions de concurrence équitables.
Le commissaire européen a également appelé à préparer les contributions déterminées au niveau national (NDC) pour les futures conférences sur le climat, notamment la COP30, en 2025. Les discussions devant se poursuivre au cours des prochains mois, en cette fin de mandature, M. Hoekstra a affirmé que la prochaine Commission devrait prendre en compte les divers éléments soulevés lors de cette réunion, qui a contribué à jeter les bases d'une coopération renforcée en vue d'atteindre une étape déterminante sur la voie de la neutralité climatique à l'horizon 2050. (Nithya Paquiry)