La commission des droits des femmes et de l'égalité des genres (FEMM) du Parlement européen a accueilli, jeudi 5 septembre, la directrice de l'Institut européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes (EIGE), Carlien Scheele, et la directrice générale de la DG JUST de la Commission européenne, Ana Gallego Torres, pour faire le point sur les avancées législatives et les défis à venir en matière d'égalité des genres.
Carlien Scheele a insisté sur l’urgence de la lutte contre les violences basées sur le genre, martelant que « nous sommes encore à 60 ans de l’atteinte de l’égalité des genres complète dans l’Union européenne ».
Saluant les récentes initiatives législatives, notamment la directive contre les violences sexistes (EUROPE 13406/23), elle a rappelé le rôle des données collectées par l’EIGE : « Derrière chaque donnée se cachent des personnes réelles, des familles que nous devons protéger ». Elle a ajouté que cela permettait de mieux comprendre l'ampleur du problème et d'aider les États membres à mettre en place des politiques de prévention et de protection efficaces.
Lors de l’échange de vues, la question de l’égalité salariale a été soulevée par Joanna Scheuring-Wielgus (S&D, polonaise), qui a demandé la création d’un groupe de travail pour suivre la mise en œuvre de la directive sur la transparence salariale (EUROPE 13107/14).
Ana Gallego Torres a rappelé que cette directive « permet désormais aux travailleurs de connaître leur rémunération relative et de demander des comptes, s’ils sont discriminés ». Elle a également souligné que l’égalité salariale est une priorité, tout en insistant sur la nécessité d’une application rigoureuse des lois pour réduire l’écart de rémunération entre hommes et femmes.
Le thème de la violence en ligne a été abordé par Alexandra Geese (Verts/ALE, allemande), qui a relevé que ce problème ciblait particulièrement les femmes en position de pouvoir.
« Les campagnes de haine en ligne découragent les femmes de s'engager dans la vie publique », a-t-elle déclaré.
Ana Gallego Torres a annoncé l'élaboration d'un « code de conduite pour les plateformes numériques, afin de mieux les protéger ».
Mme Geese a également évoqué l’importance de l’intersectionnalité, rappelant que certaines femmes, notamment celles issues de minorités, subissent des formes croisées de discrimination.
Mme Gallego Torres a rappelé que la directive sur les organismes de promotion de l'égalité intègre désormais cette approche : « L’égalité n’est pas complète si nous ne tenons pas compte des discriminations croisées ».
Melissa Camara (Verts/ALE, française), quant à elle, a évoqué les violences auxquelles sont confrontées les femmes migrantes : « Les femmes migrantes affrontent des violences particulières pendant leur voyage et à leur arrivée et nous devons améliorer la collecte de données pour les protéger efficacement ».
Carlien Scheele a appelé à une meilleure reconnaissance de la situation de ces femmes dans les politiques publiques.
Si Mme Gallego Torres a présenté un bilan positif des récentes réalisations, elle a toutefois alerté : « Il est crucial de s'assurer que ces lois ne restent pas sur le papier, mais qu'elles se traduisent par des changements réels sur le terrain ». La Commission présentera une feuille de route pour les droits des femmes à l'occasion de la prochaine Journée internationale, tout en préparant une nouvelle stratégie post-2025. (Nithya Paquiry)