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Bulletin Quotidien Europe N° 13454
SOCIAL - EMPLOI / Social

Les ministres de l'Emploi et des Affaires sociales de l'UE débattent des mesures les plus pertinentes pour lutter contre les pénuries de main-d'œuvre

Réunis à Bruxelles mardi 16 juillet pour le premier Conseil ‘Emploi et Affaires sociales’ organisé sous la Présidence hongroise du Conseil de l’UE, les ministres et représentants de ministres des Vingt-sept se sont penchés sur les pénuries de compétences et de main-d’œuvre dans l’UE, sur la mobilité des travailleurs et les difficultés pour certains d’entre eux partis à la retraite de faire calculer et recevoir leurs droits à pension.

Au déjeuner, a expliqué le secrétaire d’État à la Petite enfance, Attila Fülop, les ministres ont aussi un débat sur l’inclusion sociale et le renforcement de la cohésion territoriale avec des échanges de bonnes pratiques.

Sur les pénuries de main-d’œuvre et de compétences, une priorité de la Présidence hongroise du Conseil de l’UE, le tour de table a permis d’échanger les différentes expérimentations et difficultés nationales.

L’Italie a ainsi fait valoir que ces pénuries diverses avaient coûté près de 40 milliards aux entreprises du pays en 2023 et qu’il faudra apporter au moins 3,5 millions de nouveaux travailleurs sur le marché italien chaque année pour réaliser les transitions verte et numérique.

La ministre Alessandra Locatelli a présenté plusieurs pistes et notamment « les canaux de migration sûre » avec des partenariats avec les pays d’Afrique du Nord permettant de former des travailleurs dans ces pays d’origine. L’accès à la formation, l’amélioration des conditions de travail et un programme de type ‘SURE’ (chômage partiel sous la pandémie) sont aussi des réponses possibles aux diverses pénuries de main-d’œuvre.

Se basant sur le plan d’action de la Commission européenne présenté en mars (EUROPE 13375/13), l’échange de vues a notamment porté sur la sous-représentation et la sous-exploitation des potentiels sur les marchés du travail, notamment parmi les jeunes, les personnes en handicap, les personnes issues de l’immigration ou encore les femmes.

Il faut des « mesures ciblées sur ces publics » et comprendre pourquoi certaines personnes ne sont pas actives, a expliqué, lors du débat public, le ministre hongrois, Sándor Czomba, ajoutant, comme d’autres intervenants, que ces pénuries constituent un problème pour la compétitivité de l’UE et la croissance économique.

Le commissaire européen à l'Emploi aux Affaires sociales, Nicolas Schmit, estime que les gouvernements « doivent supprimer les obstacles pour ces groupes sous-représentés » avec des incitants pour venir sur le marché du travail, renforcer l’accès aux logements sociaux et se pencher sur les systèmes d’allocations et les réexaminer, si nécessaire. Il faut aussi d’autres mesures en complément, comme la migration légale, a-t-il dit.

Le Luxembourg, de son côté, est confronté à des pénuries pour les secteurs technologiques et financiers. Le secteur informatique est particulièrement touché, comme la santé, l’ingénierie et les métiers du bâtiment.

« Les mesures plus pertinentes pour nous, c’est la formation tout au long de la vie », a dit le ministre Georges Mischo, le pays ayant aussi facilité l’embauche des ressortissants de pays tiers.

La requalifiaction des chômeurs de longue durée et les incitations financières aux entreprises qui forment et recrutent des groupes sous-représentés sont d’autres mesures mises en place.

Le débat sur la mobilité des travailleurs et la nécessité d’assurer une protection rapide des pensions a été initié, quant à lui, par la République tchèque, qui a élaboré un document informel (non paper) sur le sujet avec différents pays (EUROPE 13451/24).

Le ministre tchèque, Marian Jurecka, a évoqué les difficultés dans les procédures d’échange électronique d’informations sur les règles de coordination des régimes de sécurité sociale pour permettre le calcul des indemnités de retraites. « Parfois, cela prend plus de 12 mois pour connaître le montant des pensions », a-t-il pointé, demandant à la Commission européenne de faciliter ces partages d’informations. « Il faut accélérer ces échanges, être beaucoup plus efficace ».

Pour la Roumanie, les délais de calculs des pensions ont parfois atteint « jusqu’à 3 ans avec l’Italie », a dit sa représentante, saluant toutefois les progrès du pays, qui a réduit les délais à 6 mois.

Pour d’autres pays, comme la France, ce débat a été l’occasion de remettre sur la table les appels à réformer le règlement 883/2004 de coordination des régimes de sécurité sociale.

Les Pays-Bas ont aussi plaidé pour cette réforme, bloquée depuis plusieurs années, mais restent partisans d’une nouvelle proposition avec une nouvelle étude d’impact « pour éviter de se retrouver dans des procédures inutiles » et réduire la complexité des règles actuelles, a dit le représentant permanent.

Nicolas Schmit a aussi appelé les États membres à « terminer » la révision du 883/2004, essentielle pour assurer une mobilité juste.

Il a promis que la Commission aiderait les États membres à résorber ces retards « excessifs » et leurs conséquences négatives sur l’avantage que doivent procurer les divers systèmes d’échange électronique, comme le EESSI (Electronic Exchange of Social Security Information), qui a traité 24 millions de dossiers depuis 2019 et sera opérationnel dans tous les États membres à la mi-2025. (Solenn Paulic)

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