Les ministres et représentants de ministres de l’Emploi et des Affaires sociales des Vingt-sept se retrouveront mardi 16 juillet à Bruxelles pour une réunion d’une demi-journée consacrée à l’intégration des personnes handicapées, la lutte contre les pénuries de main-d’œuvre et de compétences ainsi qu’à la dimension sociale du semestre européen de gouvernance économique.
Dans le cadre du Semestre européen, les ministres tiendront plus précisément un débat d'orientation sur le thème des pénuries de main-d'œuvre et de compétences.
Le Conseil de l’UE sera aussi invité à approuver la contribution sur les aspects relatifs à l'emploi et aux politiques sociales des recommandations par pays (EUROPE 13435/1).
Un autre débat politique portera sur ‘L'inclusion sociale des personnes handicapées au niveau de l'UE et au niveau national : soutenir la (ré)intégration sur le marché du travail’ sur la base d'une note de discussion qui évoque notamment comme défis les barrières dans l'accès aux services et la collecte de données précises.
Pénuries sur le marché du travail
Dans une note de préparation au débat sur les pénuries de main-d'œuvre et de compétences, la Présidence hongroise du Conseil de l’UE indique que les données montrent qu'environ 80% des employeurs de l'UE déclarent éprouver des difficultés à recruter des travailleurs possédant les compétences requises. En outre, un salarié sur trois dans l'UE ne correspond pas à son poste, 17% étant surqualifiés et 13% sous-qualifiés.
Les pénuries « sont particulièrement importantes dans les secteurs où la qualité de l'emploi est médiocre et se rencontrent souvent dans des professions qui ne requièrent généralement pas d'études supérieures. Les pénuries persistantes de main-d'œuvre se traduisent par un taux élevé d'emplois vacants dans l'UE, qui a atteint le niveau record de 3% au deuxième trimestre 2022, avant de retomber à 2,6% au premier trimestre 2024 », ajoute le document.
Les ministres seront ainsi invités à dire quels sont les principaux défis posés par ces pénuries dans leur État membre et à expliquer les mesures déjà mises en place.
Mobilité dans l’UE et systèmes de pensions
Par ailleurs, les ministres et représentants de ministres discuteront de la façon de ‘Garantir une protection rapide des pensions pour les personnes ayant exercé leur liberté de circulation au sein de l'UE’ ; cela, sur la base d’un document informel (non-paper) de la République tchèque soutenu par la Belgique, la Bulgarie, l'Estonie, la Finlande, la France, l'Allemagne, la Lettonie, la Pologne et la Slovaquie.
Vu par Agence Europe, ce document s’inspire notamment du récent rapport d’Enrico Letta sur le marché intérieur.
« La mobilité des travailleurs dans le marché intérieur est étroitement liée à leur protection sociale. La coordination des systèmes de sécurité sociale pour les migrants doit fonctionner efficacement à la fois pendant la vie active des travailleurs mobiles et après la fin de leur carrière active », souligne la République tchèque.
En 2021, 6 millions de pensions ont été versées à des retraités vivant dans un autre pays. « Pourtant, même dans la situation juridique actuelle des règlements 883/2004 et 987/2009, des centaines et des milliers de nouveaux retraités attendent encore de longs mois le calcul de leurs pensions, qui sont composées de plusieurs pensions partielles provenant des États membres dans lesquels ils ont travaillé et cotisé pendant leur vie active. Or, ce sont les personnes âgées et les retraités qui perçoivent des pensions de vieillesse, d'invalidité ou de survie qui font partie des groupes sociaux les plus vulnérables de l'UE, car ils sont généralement dépendants des revenus de la pension pendant leur vieillesse ».
« Nous soutenons donc l'appel d'Enrico Letta selon lequel une priorité clé de l'agenda politique de l'UE doit être d'améliorer le fonctionnement pratique des règles de coordination de la sécurité sociale, en plus d'éliminer les obstacles et de prendre des mesures pour faciliter la circulation des travailleurs au sein de l'UE », indiquent les signataires.
Ces derniers appellent à remédier aux délais de traitement des demandes de pension, variant « considérablement d'un État membre à l'autre », en tirant « pleinement parti des possibilités offertes par la mise en œuvre de l'échange électronique d'informations sur la sécurité sociale (EESSI) ».
Il faut aussi insister « sur la mise en œuvre et l'achèvement des changements organisationnels et technologiques nécessaires pour permettre une réponse rapide à toute demande d'information liée au traitement des pensions, ce qui permettra ensuite de déterminer rapidement le montant de la pension partielle dans chacun des pays concernés ».
La Commission européenne et les futures Présidences du Conseil de l'UE devront aussi faire en sorte que les délais de réponse dans le domaine de l'échange de données entre les États membres fassent l'objet, éventuellement une fois par an, d'une information régulière.
Lien vers la note sur les pénuries : https://aeur.eu/f/czz
Lien vers la note sur l'inclusion des personnes handicapées : https://aeur.eu/f/d00 (Solenn Paulic)