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Bulletin Quotidien Europe N° 13451
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Ukraine

Volodymyr Zelensky demande aux Alliés d'autoriser son pays à frapper la Russie avec leurs équipements

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a appelé les Alliés, jeudi 11 juillet, à lever les restrictions imposées à son pays concernant la possibilité de frapper des cibles militaires sur le territoire russe avec des équipements occidentaux.

« Si nous voulons gagner, si nous voulons l'emporter, si nous voulons sauver notre pays et le défendre, nous devons lever toutes les limitations », a-t-il plaidé lors d’une conférence de presse avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, avant le Conseil OTAN-Ukraine à Washington. Il a souhaité obtenir « l'autorisation de frapper les territoires russes exactement là où se trouvent (les équipements russes qui attaquent l'Ukraine) ».

« C'est une question insensée : pourquoi ne pouvons-nous pas répondre et attaquer ces personnes, ces bases militaires, d'où ces bombes guidées par des jets ou des missiles sont arrivées, nous ont pris pour cible et ont tué nos enfants ? », s’est-il interrogé, faisant référence à une frappe sur un hôpital à Kiev.

Selon le président ukrainien, « si on veut vraiment avoir l’Ukraine sur la carte et non Poutine qui attaque la moitié de la planète », il est nécessaire de prendre « des mesures très concrètes rapidement, très rapidement ». Plus tôt dans la journée, lors du NATO Public Forum, son chef de cabinet, Andryi Yermak, avait estimé que la levée des restrictions pourrait « changer la donne » (game changer).

De son côté, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a rappelé que, selon le droit international, l'Ukraine avait le droit de se défendre, « ce qui inclut le droit de frapper des cibles militaires légitimes sur le territoire de l'agresseur, la Russie ».

« La seule façon de toucher des cibles militaires, des lanceurs de missiles ou des aérodromes qui mènent des attaques contre l'Ukraine est de frapper des cibles militaires sur le territoire russe, car la ligne de front et la frontière sont plus ou moins les mêmes », a-t-il expliqué. Et d'ajouter que cela ne faisait « aucun doute » que l’Ukraine avait le droit d’utiliser les armes reçues par les Alliés pour frapper des « cibles militaires légitimes » sur le territoire russe.

Interrogé sur la demande de M. Zelensky, le président américain, Joe Biden, a rappelé que les États-Unis lui avaient permis d'utiliser des armes américaines à proximité de la frontière ukrainienne en Russie. « Si M. Zelensky avait la capacité de frapper Moscou, de frapper le Kremlin, cela aurait-il un sens ? Non », a ajouté M. Biden, estimant que « la question (était) de savoir quelle (était) la meilleure utilisation de l'armement dont M. Zelensky dispose et de l'armement » que les États-Unis lui fournissent. 

La déclaration du Conseil OTAN-Ukraine publiée à l'issue de la réunion précise, de son côté, que « l’OTAN apportera son concours et donnera des conseils à l’Ukraine pour la conception et la mise en place d’une architecture de défense aérienne et antimissile intégrée, afin que les capacités dont le pays dispose dans ce domaine puissent être utilisées de manière optimale et devenir pleinement interopérables avec celles de l’Alliance ».

Soutien supplémentaire des Alliés

Le Conseil OTAN-Ukraine a salué les engagements pris de livrer à Kiev des systèmes de défense aérienne supplémentaires ainsi que d’autres capacités militaires. Le même jour, et après des annonces la veille des Alliés sur l’envoi de systèmes de défense antimissile et de F16 (EUROPE 13450/1), les États-Unis ont annoncé un nouveau soutien d’environ 225 millions de dollars, comprenant des systèmes de défense aérienne et des intercepteurs, des missiles et des munitions ou encore des armes antichars. M. Zelensky a salué les nouvelles annonces des Alliés sur les systèmes de défense antiaérienne, espérant « qu’ils seront livrés le plus rapidement possible afin de sauver autant de vies que possible ».

M. Stoltenberg a également rappelé toutes les décisions prises la veille par les Alliés pour soutenir Kiev - notamment un soutien financier de 40 milliards d'euros pour l'année à venir ou encore la mise en place du 'Programme OTAN de formation et d’assistance à la sécurité en faveur de l’Ukraine' (NSATU) - et a souligné l’irréversibilité du processus d'intégration euroatlantique.

M. Zelensky a salué ces décisions, dont la « formulation forte » (strong wording) sur l'irréversibilité, et estimé que la prochaine étape était l’invitation officielle à rejoindre l’OTAN, puis le statut de membre. Il a rappelé que l’adhésion de l’Ukraine à l’Alliance était dans l’intérêt de son pays, mais aussi de l’Alliance.

« La plus grande garantie de sécurité pour l’Ukraine est l’adhésion à l’OTAN », avait commenté pour sa part M. Yermak.

Menace russe sur la sécurité des Européens

Par ailleurs, interrogé sur la neutralisation d’un complot russe, plus tôt dans l’année, visant à assassiner Armin Papperger, le directeur général de Rheinmetall AG, un fabricant d'armes allemand fournissant des armes à l'Ukraine - révélée par CNN - M. Stoltenberg s’est refusé à commenter, mais a rappelé qu’il y avait « une campagne russe organisée par les services de sécurité pour mener des actions hostiles contre les alliés de l'OTAN, à travers l'alliance, avec des tentatives de sabotage, des cyberattaques, des incendies criminels et différents types d'actions hostiles ».

La déclaration des Alliés adoptée la veille rappelle que les opérations hybrides menées à l’encontre d’Alliés pourraient atteindre le seuil correspondant à une attaque armée et conduire le Conseil de l’Atlantique Nord à invoquer l’article 5 du traité de Washington.

M. Stoltenberg a également rappelé que les tentatives russes d’intimider les Alliés et de les empêcher de soutenir l’Ukraine avaient eu l’effet inverse de celui escompté. « Ce que nous avons constaté au cours du mois dernier, c’est que les Alliés de l’OTAN n’ont pas été intimidés », a-t-il souligné. (Camille-Cerise Gessant)

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