Dans son rapport annuel, publié jeudi 20 juin par le Conseil de l’Europe, la « Commission européenne contre le racisme et l’intolérance » (ECRI) relève, au rang des principaux défis de 2023, la situation des personnes déplacées par la guerre ainsi que la montée de l’antisémitisme et du racisme antimusulman liée au conflit en cours au Proche-Orient.
Dénonçant en conférence de presse l’instrumentalisation souvent électoraliste du « spectre » d’une « soi-disant islamisation des sociétés », le Suisse Bertil Cottier, professeur émérite de droit à l’université de Lausanne et président de l’ECRI, en appelle à « l’autorégulation » des responsables politiques et des médias, qui doivent « rendre des comptes quand les lignes rouges sont franchies ».
L’ECRI s’alarme également de la montée en flèche de l’antisémitisme ; le nombre de cas signalés au dernier semestre de 2023 dépassant largement ceux habituellement signalés pour une année entière.
« Si les critiques contre Israël ne sauraient être considérées comme antisémites en soi, l’appel au meurtre de personnes juives l’est ».
Même si le « discours de solidarité et de soutien est resté dominant dans le cas des Ukrainiens déplacés », l’ECRI relève « plusieurs incidents haineux anti-Ukrainiens » et dénonce, de manière générale, le « développement de discours plus hostiles sur les réfugiés ».
Par ailleurs, « des différences significatives » ont pu être notées entre l’accueil des personnes déplacées d’Ukraine et celui des réfugiés venant d’autres pays et continents, a-t-il été souligné en conférence de presse.
Lien vers le rapport 2023 : https://aeur.eu/f/crd (Véronique Leblanc)