login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13434
Sommaire Publication complète Par article 22 / 34
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

à trois semaines du 75e sommet de l’OTAN à Washington, la question ukrainienne est au cœur des débats

Experts de la défense et membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont fait comprendre que la guerre russo-ukrainienne restait l’enjeu principal pour l’OTAN, à quelques semaines du 75e sommet de l’Alliance atlantique, lors d’une conférence au Centre d’études politiques européennes (CEPS), lundi 17 juin. 

Concernant l’Ukraine, Rachel Ellehuus, représentante du Secrétaire à la Défense en Europe et conseillère à la Défense des États-Unis auprès de l'OTAN, explique qu’il faut continuer la coopération avec l’Ukraine comme si elle était membre de l'organisation, réformer sa défense, ses infrastructures et coordonner l’action des Alliés pour « rationaliser » le travail de l’OTAN. De plus, l'Alliance doit s’adapter aux menaces hybrides, tout en augmentant les budgets nationaux, d'après elle.

Selon Angus Lapsley, secrétaire général adjoint pour la Politique et les Plans de défense de l’OTAN, « les Alliés et l’Europe doivent être prêts à la possibilité d’un conflit ouvert » et doivent élargir l’échelle de leur réflexion, bien que, selon lui, la pression exercée par la Russie ne soit que dissuasive. Face aux différents défis qui affaiblissent l’OTAN, il faut avant tout repenser la relation entre autorités civiles et militaires, ce qui n’a pas été fait depuis la guerre froide, a expliqué M. Lapsley. Cela est essentiel, notamment pour l’approvisionnement en essence et en eau, pour utiliser le cyberespace ou pour le déploiement d’infrastructures de santé sur le front. Il conclut en rappelant que la mission de l’OTAN reste de favoriser la paix.

Enfin, le chercheur Harry Nedelcu se demande « si on en fait assez » et « assez pour quoi ? » : faire revenir la paix ou récupérer l’ensemble des territoires ukrainiens ? Selon lui, « notre stratégie ne fonctionne pas », puisque la Russie ne cesse d’avancer. C’est pourquoi l’OTAN doit repenser entièrement sa manière d’agir et accélérer le processus d’adhésion de l’Ukraine.

En réponse, Rachel Ellehuus exprime ses craintes quant à la réaction du président russe, Vladimir Poutine, mais rappelle que des discussions concernant l’augmentation des budgets sont en cours. Harry Nedelcu rétorque que l’adhésion de l’Ukraine est certes risquée, « mais ne rien faire est aussi risqué ». C'est pourquoi, selon lui, l'OTAN devrait fixer une date d'adhésion. Cela montrerait à Poutine le sérieux du projet et le ferait reconsidérer l'option de la paix.

Alors que le président français, Emmanuel Macron, a mis en avant la possibilité d'envoyer des troupes en Ukraine, les intervenants restent prudents et proposent surtout d’envoyer des formateurs, en s’accordant sur l’idée qu’il faut attendre de voir l’évolution de la situation. En revanche, Rachel Ellehuus, interrogée à propos de l’implication des alliés non membres de l’OTAN, est claire sur le fait qu'ils ne devraient pas s’impliquer, mais qu’un partage de connaissances serait intéressant, notamment avec le Japon. (Paul Charles - Stagiaire)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
Invasion Russe de l'Ukraine
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL - EMPLOI
SÉCURITÉ - DÉFENSE
ACTION EXTÉRIEURE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES