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Bulletin Quotidien Europe N° 13434
Sommaire Publication complète Par article 19 / 34
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Les chercheurs Jens van't Klooster et Isabella Weber proposent un nouveau modèle de gouvernance pour faire face à la 'chocflation'

Dans une analyse publiée vendredi 14 juin par les services aux Politiques internes de l’Union (DG IPOL) du Parlement européen, les chercheurs Jens van't Klooster et Isabella Weber ont souhaité relier, d‘une part, la question du financement de l’adaptation au changement climatique et son atténuation et de la résilience économique et, d’autre part, celle de la préparation aux chocs, qui se feront plus fréquents en Europe, ainsi que la gouvernance de l’inflation. Les auteurs estiment que la politique monétaire seule n’est pas l’outil adéquat pour gérer une inflation caractérisée par une 'chocflation' ('shockflation' en anglais).

Ce phénomène provient de chocs sectoriels (perturbation des chaînes d’approvisionnement, pénuries…) qui affectent certains prix dits « systémiques ».

La 'chocflation' se transmet graduellement à toute l’économie. Premièrement, lors d'une phase 'd'impulsion', où les entreprises transmettent les chocs à l’économie pour protéger leurs marges.

Une phase 'de propagation et d’amplification' peut s’ensuivre, lorsque les travailleurs obtiennent des rattrapages salariaux pour conserver leur pouvoir d’achat, menant, le cas échéant, à des effets de second tour matérialisés par une spirale prix-salaires. [Actuellement, les entreprises semblent absorber, par leurs marges bénéficiaires, les hausses salariales et l'on n’observe pas de spirale prix-salaires - NDLR].

Une troisième phase 'de conflit' de distribution peut ensuite se vérifier, si un nouveau cycle inflationniste s’amorce.

Selon les auteurs, la structure de gouvernance actuelle place l'UE devant un dilemme, en particulier lorsque les chocs deviennent plus fréquents et graves : celui de ne rien faire ou d’agir de manière drastique.

Ils estiment que tactiquement, la réponse européenne actuelle, par des hausses des taux directeurs, intervient trop tard, lorsque la propagation de l’inflation est déjà avancée, et induit un coût élevé, en affectant les revenus plus faibles et le potentiel d’investissements public et privé nécessaires pour faire face à des défis, dont la crise climatique et environnementale.

Les deux chercheurs préconisent une réforme de la gouvernance de l’inflation, dans les limites des traités, afin de répondre à la 'chocflation' dès la première phase. Ils proposent un modèle incluant davantage de coordination entre le Conseil de l'UE, le Parlement européen et la Banque centrale européenne pour harmoniser la gouvernance de l'inflation dans les différents secteurs de l'économie européenne. Leur modèle combine un système de surveillance des prix avec des mesures, notamment sectorielles, visant à éviter les phases d'impulsion et à faire face à la prolifération et à l'amplification des chocs.

Plus d'informations : https://aeur.eu/f/cpq (Émilie Vanderhulst)

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