Alors qu’un accord de coalition a été conclu aux Pays-Bas, jeudi 16 mai, six mois après les élections législatives dont le parti d’extrême droite PVV de Geert Wilders est sorti grand vainqueur, des voix européennes pro-démocratie se sont élevées pour dénoncer cet accord entre l'extrême droite et le parti libéral VVD, membre du groupe Renew Europe au Parlement européen et parti du Premier ministre sortant, Mark Rutte.
La présidente du groupe Renew Europe et une des têtes de liste de la plateforme Renew Europe Now aux élections européennes, Valérie Hayer, a communiqué, le 16 mai, sa « désapprobation totale » et sa « vive inquiétude » quant à l’évolution des discussions autour de la coalition gouvernementale néerlandaise, qui réunit le VVD, le parti pro-agriculteurs BBB et le nouveau parti anti-corruption NSC, avec le PVV.
« Une entente avec un tel parti revient à se mettre en dehors des valeurs que nous portons », a-t-elle déclaré.
Elle a ensuite annoncé réunir l’ensemble des partis membres du groupe Renew Europe dès le 10 juin, à la suite du scrutin des élections européennes.
Plusieurs personnalités influentes au sein des groupes pro-européen du Parlement européen ont également déploré la décision et demandé des comptes au groupe Renew Europe et au parti de l’Alliance des libéraux et des démocrates pour l’Europe (ALDE), dont le VVD est membre.
« Soutenir un gouvernement dirigé par un parti d'extrême droite constitue une violation du cordon sanitaire démocratique et est en contradiction flagrante avec les engagements déclarés de l'ALDE », a déclaré la tête de liste des Verts européens, Terry Reintke.
Le candidat tête de liste du S&D, Nicolas Schmit, quant à lui, a déploré le fait que Geert Wilders et son parti défendent « des positions anti-européennes, racistes, pro-Poutine, anti-démocratiques. (...) Le pouvoir passe avant les valeurs ».
Pour Sophie in ’t Veld, députée néerlandaise au sein du groupe Renew Europe et tête de liste du parti Volt pour la Belgique aux élections européennes, cette décision est en contradiction avec la déclaration d'engagement envers la défense de la démocratie, co-signée par Renew Europe avec le S&D, les Verts/ALE et La Gauche.
Cette déclaration, publiée le 8 mai, appelle effectivement la Commission européenne et tous les partis démocratiques européens à rejeter fermement la normalisation des partis radicaux et d’extrême droite ainsi que la coopération ou l’alliance avec eux (EUROPE 13407/9).
« Nous ne coopérerons ou ne formerons jamais de coalition avec l’extrême droite et les partis radicaux à aucun niveau », ont inscrit les groupes politiques signataires.
En réaction, une autre des têtes de liste de la plateforme Renew Europe Now et secrétaire général du Parti démocratique européen (PDE), Sandro Gozi, a réaffirmé, jeudi 16 mai, « l’engagement indéfectible » du PDE envers les valeurs européennes et son refus catégorique de toute alliance avec l'extrême droite au Parlement européen.
Il a explicitement exprimé, dans un communiqué, le désaccord du PDE quant au choix de coalition aux Pays-Bas, « lié à des questions nationales spécifiques », et souligné que le positionnement du PDE était en « totale conformité avec les principes énoncés dans le Mémorandum Renew Europe Now pour ces élections européennes ainsi qu'avec nos prises de position antérieures ». (Pauline Denys)