Le groupe La Gauche au Parlement européen a exposé pourquoi l'UE a besoin d'une taxe sur les « bénéfices excessifs », dans une analyse exploratoire des entreprises les plus importantes et les plus rentables publiée jeudi 16 mai.
Les « bénéfices excessifs » sont définis par un ratio entre les bénéfices et les actifs. Les taux de rendement sont considérés comme « normaux » lorsque ce ratio atteint une limite de 10% et comme « excessifs » lorsque ce ratio atteint une limite de 15%.
L’analyse s’articule autour de quatre arguments en faveur de cette mesure : - taxer une seule fois les « bénéfices excessifs » ne suffit pas à financer la transition ; - les entreprises les plus rentables sont souvent celles qui échappent le plus à l'impôt ; - la réglementation et les mesures antitrust ne suffisent pas à contrôler le pouvoir des entreprises ; - les plus grandes entreprises sont trop grandes pour le bon fonctionnement des marchés et de la démocratie.
Cette étude a identifié 209 entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 20 milliards d'euros et dont les marges bénéficiaires sont supérieures à 10% depuis au moins trois ans. Ensemble, elles enregistrent des bénéfices supérieurs à cette marge pour un montant total de près de 2 000 milliards d'euros, soit environ 300 milliards d'euros de plus qu’avant les crises du Covid-19 et énergétiques.
Cet impôt pourrait rapporter environ 100 milliards d'euros par an à l'UE.
Lire l'étude (en anglais) : https://aeur.eu/f/c8f (Anne Damiani)