Les objectifs de l'acte sur les matières premières critiques (CRMA) semblent encore difficilement atteignables, selon plusieurs industriels du secteur. Plusieurs d'entre eux se sont exprimés sur les besoins de leur industrie lors du sommet sur les matières premières, organisé par le Conseil européen pour les technologies et l'innovation pour les matières premières ('EIT raw materials'), mercredi 15 et jeudi 16 mai.
« Le CRMA ne va pas assez loin. Peut-être qu'une petite dose de protectionnisme est nécessaire pour que nos fabricants de voitures puissent respirer un peu », a suggéré Roland Chavasse, secrétaire général de l'Association internationale du lithium, lors d'une discussion sur l'accès aux matières premières dans le secteur automobile.
Le CRMA ne sera pas en mesure de traiter les problèmes actuels d'approvisionnement, d'après Martin Phillips, directeur exécutif de l'entreprise Talga, qui fabrique des batteries. Il estime que l'objectif de limiter à 65% la dépendance à l'égard d'un seul pays pour chaque matière première stratégique est « risible ». « Cela n'est pas faisable pour le moment. Je ne pense pas que le CRMA soit en mesure de réaliser des ajustements en termes d'offre et de demande », a-t-il ajouté.
Pour lui, ainsi que pour d'autres intervenants, la diversification des sources d'approvisionnement et la coopération avec les partenaires riches en ressources doivent être mises en priorité.
Dans cette optique, le Forum sur le Partenariat sur la sécurité d'approvisionnement des minéraux ('MSP Forum') dans lequel l'UE s'est engagée est une démarche positive, selon Nello Li Pira, qui est chargé de l'électrification dans l'entreprise Stellantis. (Léa Marchal)