Alors que la Russie semble regagner du terrain en Ukraine, le commandant suprême des forces alliées en Europe de l'OTAN, Christopher Cavoli, a estimé, jeudi 16 mai, que la Russie n’avait pas les moyens de réaliser une percée majeure en Ukraine.
« Les Russes n'ont pas les effectifs nécessaires pour réaliser une percée stratégique (…), à tel point qu'ils n'ont ni les compétences ni la capacité de le faire », a-t-il expliqué à l’issue de la 191e session du Comité militaire des chefs d’état-major de la défense des pays de l’OTAN.
Pour le président du Comité militaire de l'OTAN, l'amiral Rob Bauer, la situation sur le terrain reste difficile et les retards dans les livraisons d’équipements militaires à l’Ukraine ont eu des conséquences sur le champ de bataille. Mais « la situation n'a pas changé au point que l’Ukraine soit prête à s'asseoir et à commencer à négocier » avec la Russie.
« L’Ukraine a démontré au monde qu’elle était capable de remporter des succès sans précédent sur le champ de bataille. Il n’y a rien qu’elle ne puisse faire. Tout ce dont elle a besoin… c’est de notre aide », a-t-il estimé. Et d'ajouter : « Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que cette aide leur parvienne dans les plus brefs délais. Parallèlement, nous travaillons activement à maximiser l’interopérabilité entre les forces armées alliées et ukrainiennes ».
Précisant ne pas pouvoir donner de détails, l’amiral Bauer a expliqué qu’il se passait « beaucoup de choses en ce moment ». Selon lui, l’Ukraine va voir une amélioration concernant les livraisons d’armement.
Défense et dissuasion
Au-delà de la situation en Ukraine, les chefs d’état-major ont discuté de la dissuasion et de la défense des membres de l’Alliance, en particulier des moyens de rendre les plans de défense approuvés lors du sommet de Vilnius, en 2023, pleinement exécutables.
Selon l'amiral Bauer, cela passe par plus de troupes dans un état de préparation plus élevé, le renforcement et développement des capacités, l’adaptation des structures de commandement et de contrôle de l'OTAN, la création et la maintenance de davantage de capacités (logistique, soutien du pays hôte, maintenance, mobilité militaire, réapprovisionnement et prépositionnement des stocks), et enfin, davantage d'exercices de défense collective et d'entraînement. (Camille-Cerise Gessant)